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-- Arinsal : un an après...
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ParJean-François MEFFRE.

Article publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 77 - mars 1997.

En février 1996, se produisit une tempête de neige exceptionnelle avec plus d’un mètre
de précipitation. Une grosse avalanche poudreuse s’abattit sur des batiments construits au pied de la station andorrane d’Arinsal.

Début février 96, les montagnes d’Andorre se sont déjà drapées dans un épais manteau de neige (1,5 à 2 m). La dernière couche ne s’est pas encore consolidée, qu’un flux de nord-ouest amène une série de perturbations. Le 6 février, il tombe 50 cm de neige à Arinsal. Après une brève accalmie le matin du 7, la tempête reprend. Le vent souffle à plus de 100 km/h à 3000 m. Les bourrasques de neige interdisent toute circulation automobile dans les hautes vallées d’Andorre. Les chasse-neige ne peuvent plus circuler. Les villages du Serrat, Canillo, Soldeu, sont isolés. Quelques urbanisations récentes sont évacuées. Les routes d’accès aux stations de ski sont interdites. Dans la nuit du 7 au 8 la tempête fait rage, de grosses avalanches se déclenchent.
Vers 5h du matin, une grosse avalanche de poudreuse provenant du versant sud de les Planes, balaye le parking (déserté) de la station d’Arcalis. C’est un dernier signal d’alerte.
Dès le matin, la décision est prise d’évacuer tous les immeubles du fond de la vallée d’Arinsal. L’opération concerne plus de 300 personnes. Certains immeubles construits dans les années 80 sont directement exposés à l’avalanche descendant des Fonts. Tous ont leur accès menacé sur 250 à 700 m par trois avalanches.
Ces trois couloirs menacent la route d’accès à la station de ski d’Arinsal sur presque 500 mètres (en cas de poudreuse).
Le premier couloir (Percanela) crache une avalanche vers 10h30 ; celle-ci n’ensevelit personne, mais son dépôt de 4 mètres sur la route perturbe beaucoup l’évacuation.
A 17h30, la police évacue les dernières personnes de la zone et effectue les dernières vérifications. A 19h, une énorme avalanche dévale le couloir de Ribal en provenance du cirque des Fonts.

-- Les dégats

Au lever du jour, les dégats apparaîssent dans toute leur ampleur : ils sont considérables. Huit des onze immeubles évacués, ont été plus ou moins atteints par l’avalanche.
• le souffle a emporté le toit au sixième étage du Peu de Pistes
• les centaines d’arbres emportés par l’avalanche ont agi comme autant de béliers.
• les murs en briques n’ont pas résisté, (mais aucun de ceux qui sont simplement recouverts de pierres n’a cédé)
• un immeuble construit en 1979, face à l’arrivée de l’avalanche a été percuté par le souffle : la plupart des baies vitrées et des cloisons ont volé en éclats. Au centre du bâtiment, la dalle du premier étage a été soulevée jusqu’au plafond du second (elle descendra doucement avec la fonte de la neige). Le toit, au sixième étage, a été entièrement détruit.

 

Le dépôt de neige sur le parking de la station et sur la route dépasse 4 m. Des voitures poussées par le souffle s’enroulent autour des pylônes de départ du télésiège.
Deux petits immeubles édifiés au pied de la falaise n’ont subi aucun dégât. L’avalanche passa aussi sur le toit de deux bâtiments encastrés dans la montagne ; mais les toitures calculées comme celles des galeries paravalanches, protégèrent efficacement l’intérieur des constructions. Le dépôt laissé par le nuage de poudreuse chargé de terre était visible 1km plus bas, au-delà du village et 200 m au dessus de la vallée sur le versant opposé à l’avalanche.

-- Historique

 

Cette avalanche n’était pas inconnue ; mais personne ne lui avait jamais vu une telle ampleur. Les anciens du village se souvenaient de trois phénomènes. Après la guerre, mais à une date impossible à préciser, une avalanche de neige humide venant du torrent de " Les Fonts ", a divagué à travers champs jusqu’au pied du torrent "Ruider ", situé 150 m plus au sud. Une autre fois, elle s’est arrêtée juste au pied de la cascade. La dernière avalanche, au début des années 60, fut aussi la plus importante : elle était partie sur toute la largeur du cirque et s’était étalée sur les prés de l’autre rive. Son dépôt avait complètement rempli le torrent ; elle n’avait cependant pas l’ampleur de février 96 : son souffle n’avait pas survolé le vieux village d’Arinsal, et elle n’avait pas emporté autant d’arbres (seul détail vérifiable sur les photos aériennes). Beaucoup de ces arbres avaient été retrouvés lors du terrassement du parking de la station situé en face de l’arrivée de l’avalanche. Henri Péjouan dans son recueil sur les avalanches des Pyrénées Orientales et d’Andorre, ainsi que l’Institut d’Étude Andorranne, avaient signalé cette avalanche. Mais après la construction des pistes de ski d’Arinsal, des immeubles furent naturellement édifiés dans les prés situés à proximité du départ des remontées mécaniques.

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