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-- Réflexions à propos du DPA pour les routes et au-dessus d’habitations
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ParJean-François MEFFRE, Chargé de la sécurité hivernale des routes en Principauté d’Andorre



Le DPA sert essentiellement pour sécuriser les pistes de ski, mais il est aussi utilisé pour protéger les routes. Pour les voies de communication, le DPA est particulièrement adapté dans les pentes concaves où les petites avalanches s’arrêtent naturellement avant la chaussée. Dans ce cas en effet, la circulation peut être rétablie immédiatement après les tirs, sans délai supplémentaire pour le dégagement de la neige. Afin d’éviter de déclencher des grosses avalanches qui obstruent la chaussée, il faut si possible disposer de techniques qui permettent d’intervenir pendant les chutes de neige avant que la couche instable n’atteigne une épaisseur critique.
Sinon, la route est " interdite " seulement après qu’une première avalanche a recouvert matériellement la chaussée. Il est en effet assez rare qu’elle soit interdite de façon préventive, d’où l’intérêt de disposer d’un système de déclenchement facilement utilisable par mauvais temps et rapidement mis en œuvre (tels que, suivant les sites, exploseurs à gaz, Catex ou avalancheur). Évidemment, la circulation doit être arrêtée lors des déclenchements préventifs.

Le DPA n’est évidemment pas une technique de protection recommandée, à elle seule, pour les lieux habités. Certaines personnes bannissent totalement cette technique, même en complément d’autres travaux. Il faut cependant constater que bien des avalanches sont déclenchées régulièrement alors qu’elles ont, autrefois et avec des conditions exceptionnelles, atteint des zones actuellement habitées. Les exemples sont nombreux à Val d’Isère, Tignes, La Clusaz ou Chamonix. Évidemment, dans tous les cas, les tirs sont effectués avec des quantités de neige et des conditions avalancheuses bien moindres que les phénomènes catastrophiques connus. Par ailleurs, les constructions ont souvent été renforcées ou des digues de protection ont été élevées pour arrêter ou détourner l’éventuelle avalanche.

D’un constat à une technique de protection, il n’y avait qu’un pas qui fut franchi à Arinsal (Andorre) pour protéger les parkings et la circulation entre les immeubles, mais en prenant quelques précautions : deux digues latérales de 15 m de hauteur furent d’abord élevées pour contenir le dépôt de neige dense, les bâtiments furent équipés de vitrages résistant à l’aérosol, une balise mesurant la hauteur de neige dans la zone de départ a été installée, les tirs sont effectués très régulièrement avant 50 cm de neige fraîche. Cette solution était ici d’autant plus acceptable que toutes les avalanches habituelles s’arrêtent sur un long replat intermédiaire de 300 m de long.

Le DPA peut donc, à mon avis, être une technique complémentaire à des protections passives pour supprimer le risque d’un aérosol imprévu en zone urbanisée. Les limites de l’utilisation du DPA au-dessus d’une zone urbanisée sont cependant nombreuses. La marge de sécurité par rapport à l’analyse du risque doit être vraiment importante si la zone occupée n’est pas évacuée. Le " décideur " des tirs et le directeur des opérations prennent évidemment une lourde responsabilité.
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