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-- Sites avalancheux : une nouvelle méthode de classification - (suite et fin)
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Par François Rapin, Cemagref-Unité ETNA, Maurice Meunier, Cemagref-Unité ETNA, Robert Bolognesi, Météorisk
-- Les tests de calage
Pour cette élaboration, deux tests ont été entrepris sur deux échantillons différents :

l’un mené par un seul " utilisateur " sur plusieurs dizaines de couloirs diversifiés d’une même commune, pour qualifier la distinction recherchée,
l’autre mené par chacun des membres du groupe, sur 8 couloirs " particulièrement sensibles ", pour apprécier la " stabilité " de la méthode selon l’utilisateur.

Le test de qualification : La commune test comporte 140 couloirs sur la carte de localisation probable des avalanches, dont 21 avec une vulnérabilité non nulle (au sens de la méthode). Parmi les 119 couloirs sans vulnérabilité, 19 ont été retenus pour aboutir à un échantillon de quarante (figures 1 et 2).
Ces résultats permettent de proposer deux barèmes de sensibilité (tableau 2).
À l’usage les barèmes pourront être ajustés, en particulier les limites entre douteuse et faible.
Ces deux pratiques, " Addition "et " Multiplication ", ne donnent pas forcément un même classement pour un même couloir. Cela montre en partie l’incertitude sur le résultat, qui dépend aussi étroitement des bornes de classement. Ce sera à l’utilisateur de trancher. Mais les sites sans vulnérabilité sont toujours dans la catégorie de faible sensibilité.
Sur les huit sites à sensibilité douteuse ou forte du test (situés au dessus de la ligne horizontale complémentaire sur la figure 1), la répartition de la somme des pondérations obtenues pour chacun des quatre groupes approche d’assez près celle souhaitée.
La morphologie reste encore relativement importante vis-à-vis de la vulnérabilité. Toutefois plus on va vers la sensibilité forte plus la tendance est bonne (figure 3).
La méthode permet une bonne distinction entre les différents couloirs.
Dans le cas particulier de ce test, deux couloirs se distinguent ainsi nettement.

Le test de stabilité : sept utilisateurs ont pratiqué la méthode sur huit couloirs identiques (ou presque). Lorsqu’il n’y a pas de résultat, c’est que l’utilisateur n’a pas testé le couloir concerné.
Bien sûr les résultats ne sont pas uniformes par couloir : les traits par site se sont pas horizontaux (figure 4). Mais le classement reste plutôt bien assuré. L’homogénéité est meilleure avec le bilan " Addition " car c’est très souvent une prise en compte divergente de la vulnérabilité qui explique l’écart. Lors de l’utilisation ultérieure de la méthode, et en cas de doute sur le niveau d’évaluation de certains critères majeurs (à forte pondération), il y aura un grand intérêt à recueillir l’avis indépendant d’un autre utilisateur avant de conclure.
Le site particulier de Montroc avec les informations disponibles avant 1999 a été testé :

cinq utilisateurs l’ont affecté d’une sensibilité forte,
un l’a trouvé avec une sensibilité douteuse (par addition) et faible par multiplication,
un autre l’a classé avec une sensibilité faible selon les deux calculs.
Dans ces deux derniers cas sans aucun doute à cause d’une évaluation réduite de la vulnérabilité !
Plusieurs abaques d’aide ont été élaborés pour la morphologie. Pour l‘"Histoire " un minimum de traitement statistique peut s’avérer nécessaire. Un tableur Excel mis à disposition permet enfin une certaine automatisation des opérations fastidieuses. Cet outil peut également être relativement facilement intégré au système expert " Nivolog " en usage dans de nombreuses stations.
Tableau 2 : Barèmes de sensibilité
 
Sensibilité Addition Multiplication
Faible =<85 =<2500
Douteuse 85<x=<100 2500<x=<3000
Forte >100 >3000
-- L’usage possible
Ce nouvel outil est bien une aide à la décision pour l’identification et le classement des sites avalancheux, selon l’ampleur du risque généré. Il fonctionne bien dans la grande majorité des cas. Mais il peut sous-estimer quelques couloirs au fonctionnement très original.
En effet, dans l’état actuel des connaissances en nivologie, l’exhaustivité de l’identification du risque et la pertinence de la hiérarchisation des sites ne peuvent être complètement appréhendées qu’au moyen d’une expertise approfondie. Seule celle-ci peut intégrer finement l’ensemble des données, celles évoquées dans cet outil mais aussi tous les autres renseignements, quantitatifs ou qualitatifs, éventuellement disponibles (ex : type d’avalanche, événement historique particulier, modélisations, données nivo-météorologiques spécifiques, particularités géographiques, efficacité d’ouvrages de protection, etc.) qui ne sont pas pris en compte.
L’usage de cet outil peut donc s’avérer réducteur de la grande diversité naturelle des situations : toutes les variations locales ne peuvent y être explicitement reconnues. Il faudra toujours en tenir compte dans l’appréciation des résultats. Le " poids " final obtenu indique plus une tendance qu’une valeur précise.

L’outil proposé constitue néanmoins :
d’abord dans sa mise en oeuvre, un support de raisonnement rapide destiné aux ingénieurs et techniciens spécialisés en matière de risques naturels en montagne,
ensuite, dans ses résultats, par la comparaison qu’il génère, une aide précieuse à la décision pour les autorités concernées. Il contribue ainsi aux avis des experts et aux actions des décideurs.

Le résultat obtenu par la méthode proposée n’impose nullement le renouvellement d’une étude approfondie du risque avalanche qui serait déjà faite. Par contre il va en générer là où ces études manquent. Selon les conclusions de ces études spécifiques ultérieures, les mesures existantes de prévention et de gestion du risque (zonage, protection, alerte, secours) devraient être examinées et complétées en tant que de besoin.
En 2003, les services de Restauration des Terrains en Montagne ont déjà répertorié environ 3200 couloirs menaçant des habitations ou des routes en France. Près de 1300 d’entre eux menacent des habitations. Ils pourraient ainsi être testés dans l’année 2004.
Avec cette méthode, on espère déceler ainsi la centaine de couloirs dont il faudrait vraiment se préoccuper en priorité.
 
Répartition des Poids selon l'effectif sur 40 cas
(avec Addition-Multiplication selon l'effectif)

figure 1 : bilan par " Addition ". figure 2 : bilan par " Multiplication ".

Figure 3 : répartition de la moyenne des pondérations selon les quatres groupes de critères, pour les huit sites à sensibilité douteuse ou forte. Figure 4 : Stabilité selon l'expert pour chacun des couloirs testés, selon le bilan " Addition ".
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