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| Une combe de trop ! | |
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Anne-Marie
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| Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 118 - juin 2007 | |
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Sortie ski de rando à six personnes : Anne-Marie (chef de course) et Pascal, qui préparent l’initiateur ski de randonnée de la FFME, Sylvia et Jean, deux personnes qui profitent de l’encadrement, Marc et Philippe, deux personnes expérimentées, Philippe encadrant dans le club depuis sa création. Nous nous connaissons tous bien, nous pratiquons le ski ensemble depuis quelques années. Tous les participants sont équipés de l’ensemble Arva-sonde-pelle. |
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L’Arva de Jean ne fonctionne pas en réception (anomalie remarquée au départ, au moment du test des Arva). Les conditions nivo-météorologiques étaient, ce dimanche 7 janvier 2007, les suivantes : au-dessous de 2 200 m risque limité, au-dessus de 2 200 m risque marqué, petite chute de neige (1 à 10 cm) en fin de nuit précédente, avec un vent de Nord-Ouest de 40 km/h. D’où le choix de cette course : les Ratissières, sommet de 2 865 m situé au Nord-Est des Aiguilles d’Arves, avec un itinéraire qui se déroule sur une croupe Sud-Est. La voie normale est skiante, Philippe lorgne à la montée la combe Est par laquelle il a l’habitude de redescendre quand il fait cette course, ce qui permet de corser un peu cette sortie classique. Pendant la montée, il nous décrit l’itinéraire qui lui semble le meilleur pour la descente, avec son enthousiasme habituel. Marc n’est pas persuadé que ce choix soit pertinent, mais n’exprime pas clairement les raisons qui le font douter. En tant que chef de course, j’analyse un peu la combe, je note qu’elle est exposée Est (zone de dépôt privilégié d’après le BRA |
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Nous nous engageons dans la descente. Après quelques virages sur la voie normale, nous bifurquons à l’Est et attaquons la combe par son centre. Cette pente me semblant demander de la prudence, je ralentis le groupe au sommet, afin que tout le monde ne descende pas en même temps. Parallèlement, Marc propose de s’écarter sur la combe pour limiter le risque. Jean et Sylvia restent avec moi en attendant que les premiers skieurs descendent, Marc et Pascal commencent à traverser quelques mètres sous nous. Philippe s’engage dans la pente dont l'inclinaison est au maximum de 30° (cf. carte : position victime 1). |
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En haut, nous n’avons pas tout de suite les bonnes réactions pour organiser les secours. Tout d’abord, nous sommes un peu éparpillés, ce qui ne facilite pas la communication : Marc est descendu à la recherche d’un passage pour atteindre le fond de la combe, Pascal est à 200 m. Ne mesurant pas l’impact psychologique d’une telle expérience, nous demandons à Philippe d’essayer de remonter, pensant qu’une fois regroupés, nous trouverions un moyen de descendre ensemble par la voie normale, bien qu’il n’ait plus ni skis ni bâtons. Quelques minutes après que Philippe s’est dégagé, le brouillard monte vers nous et nous enveloppe. Nous n’avons plus alors avec Philippe qu’un contact verbal, et nous ne savons plus s’il continue à progresser ou pas. Je pense après coup qu’il n’a jamais eu l’intention de remonter, il voulait simplement sortir de la coulée. Nous n’appelons les secours qu’à ce moment-là, soit vingt minutes après le déclenchement de l'avalanche. Pascal s’en charge, pendant que je fais remonter Sylvia et Jean jusqu’à la voie normale, par une épaule a priori stable (herbe apparente). Tous ensemble, nous prenons la décision de ne pas descendre, ne connaissant pas la stabilité du manteau neigeux resté en place, d’autant plus qu’il n’y a pas d'urgence vitale. Marc est plus bas sur la crête pour tenter de garder le contact avec Philippe. L’hélicoptère arrive rapidement (vingt minutes) et nous localise (nous avions donné notre position précise grâce à la carte IGN). Le brouillard refluant vers le bas au même moment, il peut donc se poser à côté de Philippe et le rapatrier. Une fois la manœuvre terminée, nous rejoignons Marc et commençons à descendre par la voie normale. Le PGHM fait une deuxième rotation pour vérifier que nous sommes capables de skier. Merci à eux pour leur professionnalisme et leur attitude rassurante ! |
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Le point de vue des experts
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| © ANENA | ||