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Ils sont arrivés au bas de la pente vers 14 h 30. Comme les conseils
de sécurité le recommandent, la progression sest faite
avec un espacement de 30 mètres au moins et à aucun moment,
lun ne sest trouvé exactement à laval
de lautre. Raymond montait en premier. La trace se faisait correctement
dans la neige légère mais assez portante.
Tout à coup, vers 2300 m environ, le manteau neigeux sest
détaché sur toute la face,
50 mètres au-dessus du premier skieur sur une épaisseur
de quarante cm environ. Lors de la descente (dix à quinze secondes),
les skieurs ont été emportés " en surface ".
Cest au moment de larrêt, en bas de pente, quils
ont été ensevelis par la neige qui, au moment du départ
de lavalanche, était au dessus deux.
Cliquez
pour voir la position des skieurs.
Didier a été plus chanceux que Raymond. Sa tête et
un bras sont restés à lair libre. Grâce à
ce dernier et à la position de sa pelle, il a pu se dégager
assez rapidement et rechercher immédiatement son compagnon.
Entraîné à utiliser son Arva et guidé par un
bâton de Raymond resté en surface, Didier la vite localisé.
Grâce à sa pelle, il a pu creuser la neige compressée
pour dégager la tête et le thorax puis le haut du corps de
Raymond. Il a ensuite enlevé la neige obstruant sa bouche. Raymond,
évanoui, a reçu de son ami une bonne paire de calottes.
En revenant à lui, il a poussé deux grands cris, puis a
recommencé à respirer par très courtes saccades avant
de retrouver ses esprits petit à petit. Il a alors fallu dégager
son corps et ses skis qui ne sétaient pas détachés.
Raymond ne pouvait pas se tenir debout. Il avait froid. Entre le départ
de la coulée et le dégagement des parties vitales de Raymond,
il sest écoulé approximativement dix minutes.
Dans cette zone isolée, le téléphone portable ne
passait pas. En protégeant et séchant au mieux son ami et
en laidant à respirer de plus en plus normalement, Didier,
avec un stress maîtrisé, a pu le secourir efficacement.
Les deux randonneurs, dès lors que Raymond avait retrouvé
quelques forces, sont lentement remontés " en peaux "
jusquaux Grandes Platières (400 m de dénivelée).
Arrivés vers 17 h 30, les installations de remontées mécaniques
étant fermées, ils sont descendus prudemment par les pistes
de ski jusquà la station. Par précaution, Raymond
a demandé un examen médical qui sest révélé
négatif quant aux conséquences de cette épreuve.
Conclusions
Sur les moyens techniques appliqués, lheureuse issue est
sans doute en partie due à une application rigoureuse de :
La
progression espacée et décalée des deux randonneurs.
La
disponibilité de la pelle dans le sac, accessible dune seule
main.
Lutilisation
correcte des outils de sauvetage (Arva et de la pelle).
Sur lintervention humaine :
La
bonne analyse de la situation par le sauveteur.
Lapplication
scrupuleuse des méthodes apprises et renouvelées lors de
multiples entraînements.
La
bonne forme physique des deux randonneurs et en particulier de la victime
qui a pu, avec le temps nécessaire, regagner le sommet des Grandes
Platières et redescendre par ses moyens en vallée.
Sur la coulée, malgré des prévisions favorables :
pourquoi a-t-elle eu lieu ? Pourquoi à cet endroit ?
Après coup, en analysant la situation, on peut fournir quelques
éléments de réponse :
Les
jours précédents, la neige est restée poudreuse.
Quelques
jours avant laccident, il a eu du vent du nord en altitude, qui
a probablement déposé de la neige sur les faces nord-est
en créant une grosse plaque à vent sous la Pointe de Platé.
Pour
que la plaque glisse sur la neige sous-jacente, il faut que léquilibre
du manteau neigeux soit rompu. Cest certainement la surcharge due
aux passages de Raymond et Didier qui a déclenché la coulée.
On ne le répétera jamais assez : le risque zéro nexiste
pas. Tout randonneur responsable doit évaluer personnellement les
risques inhérents à la course projetée, en saidant
des moyens techniques, de son expérience et des informations les
plus affinées. Aucune science ne permet de garantir par anticipation
le succès dune course.
Le respect et l'application des règles en matière déquipement,
de progression et danalyse ne peuvent que diminuer les conséquences
dune situation délicate.
À ces éléments, il faut ajouter l'absolue nécessité
de procéder à des entraînements multiples pour acquérir
les réflexes et automatismes indispensables destinés à
la meilleure finalité possible.
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