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Que rajouter à ce témoignage en terme de comportement…
Sébastien Escande, Cémagref / ETNA
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  Cet accident, aux conséquences limitées au regard de l’ampleur de l’avalanche, illustre bien la pertinence d’une gestion de sortie menée avec rigueur, y compris à la descente (toujours plus difficile). Néanmoins, certains points méritent d’être repris en détail, et je distinguerai deux phases : l’analyse de la situation avant d'entreprendre la descente et la gestion post-accident.

" Avant la descente :

Une série de pièges, très classiques, sont évoqués par Anne-Marie :

le groupe étant constitué de plusieurs personnes expérimentées, la communication est déficiente en ce qui concerne l’analyse du projet de descente, chacun se reposant sur l’expérience de l’autre. Hors, il s’avère que tous les indices (corniche, orientation du versant sous le vent) n’ont pas été perçus par tous, voir ont été ignorés.
C’est le cas du profil de la pente, qui tout étant à 30° à l’attaque, se raidit ensuite (là où les rochers sont visibles) autour de 35° ; cette configuration de terrain convexe est très défavorable d’un point de vue mécanique.

L’habitude qu’a Philippe de descendre par cette petite face l’a, semble-t-il, conditionné d’emblée vers ce choix d’itinéraire. De plus, le groupe étant habitué à ce qu’il soit plus « téméraire » que Marc, personne n’a incité ce dernier à expliciter clairement ses réticences à tenter cette option.
Par contre, il convient d’insister sur les bonnes consignes (et leur respect !) données à l’abord de la descente et les bons réflexes individuels : le cheminement prévu un par un avec le groupe en retrait à l’amont, deux skieurs qui se décalent latéralement, ce qui facilite la bonne vision de la face, surtout dans ce cas d'un profil convexe. Quand survient l’accident, il est alors possible de suivre du regard la seule personne du groupe emportée.

" Réactions après l’accident :

Au moment de l’arrêt de l’avalanche, deux constats sont immédiatement faits :

primo Philippe est en surface, mobile et autonome pour s’auto-secourir ;

secundo la pente à parcourir pour l’atteindre est raide, parsemée de rochers, donc exposée.

Après un peu de flottement, qui se traduit en particulier par une alerte passée avec retard (dû en partie au fait que Philippe paraît vraiment autonome), le groupe se concerte et s’organise pour rester en contact avec lui, visuellement puis verbalement lorsque le brouillard les enveloppe.
Ce choix, pris à l’unanimité, apparaît pertinent en particulier face au stress généré par cette situation. En effet, il aurait pu se produire un sur-accident en tentant de rejoindre la victime, soit par dévissage soit par déclenchement d’un reste de plaque encore en place dans le versant. "

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