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Une randonnée à caractère majoritairement
nordique, un bon enneigement, un risque davalanche de niveau 2.
Voilà des ingrédients qui poussent à loptimisme
quant au bon déroulement de cette sortie de ski de randonnée
familiale du 27 février 2003 dans le sud du Vercors. Une avalanche
sest pourtant produite et a failli avoir des conséquences
graves.
Le diagnostic sur le type de lavalanche décrite par Dominique
est relativement facile.
Il sagit bien dune avalanche de plaque dure, provoquée
accidentellement, cest-à-dire quelle ne résulte
pas seulement de lévolution du manteau neigeux, mais en premier
lieu de la surcharge représentée par une partie du petit
groupe de skieurs.
Cette surcharge peut être qualifiée de forte, Elie et Mathilde
sétant engagés dans la pente quasiment sur les talons
de Dominique.
Notons tout dabord que ce scénario fait bien
partie des probabilités de déclenchement liées à
un risque de niveau 2, considéré à tort comme anodin
par beaucoup de pratiquants de la montagne. Cette probabilité ne
concernait que quelques pentes, " froides " , comme le précisait
le bulletin destimation davalanche, tandis que les pentes
bien ensoleillées bénéficiaient de conditions quasi
printanières caractérisées par une neige " molle
et humide " comme le souligne Dominique dans son témoignage.
Précisons au passage que, contrairement à lhypothèse
émise par ce dernier, le redoux na joué aucun rôle
dans le déclenchement de la plaque dans ce couloir nord, sous la
Tête Chevalière. La rigidité de la plaque était
trop importante (neige très dure observée) pour quen
labsence de rayonnement solaire, le redoux ait pu la faire diminuer,
au point de faciliter la pénétration des effets déformants
provoqués par la surcharge des skieurs jusquà la couche
fragile enfouie.
La topographie particulière de ce secteur du Sud Vercors
a joué également un rôle non négligeable. Il
sagit majoritairement dune zone de plateau entaillée
par des couloirs, dont la pente et la longueur saccentuent quand
il sagit de plonger vers la vallée de la Drôme. Celui
où a eu lieu cet accident nétait pas très long,
mais précédé dune zone relativement plate succédant
à lédifice sommital de la Tête Chevalière.
Cette topographie représente un site " idéal "
pour la reprise de la neige en cas de vents forts et laccumulation
de neige ventée dans les pentes raides abritées situées
à proximité. Ce qui fut le cas les jours précédents
laccident, les vents de sud à sud-est ayant été
particulièrement marqués dans le Vercors comme souligné
dans le bulletin destimation davalanche.
Fort heureusement, la sortie du couloir ne se terminait pas en
entonnoir mais allait en sévasant, évitant ainsi un
enfouissement plus important pour les deux skieurs emportés.
En revanche, la présence darbres aurait pu constituer
un facteur aggravant. Mathilde sen est tirée par une frayeur
rétrospective par rapport à sa jambe coincée dans
un pin.
En mars 1995, un skieur de randonnée entraîné contre
un sapin par une petite avalanche à proximité de la voie normale
(et très parcourue) du Pic Saint Michel y laissa la vie.
Comme quoi, aucun massif ne doit être parcouru à la légère
quant au risque davalanche. |