-- Le point de vue d’un expert :

François Sivardière -
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Ce témoignage est une excellente occasion de nous rappeler qu’il n’existe pas de sortie a priori sans risque. Il faut toujours, comme Dominique, être vigilant avant de partir en montagne.

Même si le terrain semble peu avalancheux (au regard de l’inclinaison des pentes en particulier). Et même si les services de Météo France estime le risque d’avalanche pour le massif concerné à un niveau considéré -à tort- comme faible (voire nul !) par beaucoup (risque 2).

L’Arva (sur soi, en émission, après en avoir vérifié le bon fonctionnement et la qualité des piles), la sonde et la pelle (dans le sac à dos) doivent être systématiquement emportés.
En effet, la probabilité de déclencher une avalanche au cours d’une sortie n’est que rarement nulle, y compris dans des conditions où elle peut être très faible. Or un accident d’avalanche peut malheureusement se terminer de façon dramatique. La frontière entre incident et accident grave, voire mortel, est souvent ténue.

Dominique, sa famille et ses amis ont eu de la chance : ils sont restés du " bon côté de cette frontière ". Mais d’autres en ont moins eu, comme nous le rappelle Jacques Villecrose à la fin de son analyse. Et, bien que l’équipement Arva-sonde-pelle ne constitue pas une garantie de survie, il est très efficace quand il est utilisé par une personne entraînée et sauve chaque année plusieurs pratiquants de sports de neige d’une mort quasi-certaine. Arva-sonde-pelle : cela doit devenir un réflexe.

Il ne faut pas non plus baisser la garde une fois que l’on est parti, même si l’ambiance générale est à la décontraction, et que le danger semble loin. Pratiquez le " doute permanent " (sauf conditions de stabilité particulières, type croûte de regel épaisse). Sur un itinéraire globalement peu raide, on a souvent tendance à rechercher des pentes plus soutenues pour le plaisir de la glisse. Soyez alors attentif aux ruptures de pente qui annoncent une pente plus forte, en particulier quand l’exposition change, ou si vous traversez sous des pentes raides.

Une des précautions de base consiste à s’espacer, voire à ne passer qu’un par un dans la pente (à la montée comme à la descente). Dominique le souligne lui-même, en regrettant de ne pas l’avoir fait.
Cette disposition a deux effets. Le premier sur la probabilité de déclencher l’avalanche : elle peut la diminuer. En effet, la surcharge créée par une seule personne est plus faible que celle créée par un groupe, même petit. La contrainte subie par le manteau neigeux étant plus faible, il a moins de " chance " de rompre et de donner une avalanche. Le deuxième effet porte sur les conséquences de l’avalanche. Si malgré le passage un par un, l’avalanche a lieu, une seule personne sera emportée. Ses compagnons, restés à l’abri, pourront donc lui porter secours immédiatement. Et, dans le pire des cas, il n’y aura qu’une victime.

Enfin, dans votre analyse du risque d’avalanche, tenez compte des conséquences d’un éventuel accident, en vous posant la question : si l’avalanche part, que peut-il se passer ? En répondant à cette question, vous pourrez en déduire les précautions à prendre, par rapport au contexte particulier dans lequel vous vous trouvez. Ici, la présence d’arbres était un facteur aggravant. Mathilde a d’ailleurs failli en faire la dure l’expérience.
Mais heureusement, pour tous les participants à cette randonnée, la chance était au rendez-vous.

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