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Soins
aux victimes davalanches : premiers secours ! |
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par
Pierre DURAND, Guide de haute-montagne, PGHM de lIsère
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Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 110 - juin 2005 L'avalanche est certainement laccident type où la rapidité dintervention peut conditionner les chances de survie. Plus personne nignore la courbe de survie de Brugger maintes fois reprise pour sensibiliser sur la nécessité dêtre rapide et efficace.Si la rapidité dépend souvent de paramètres que nous ne maîtrisons pas entièrement, comme la localisation difficile, le transport sur les lieux, la météorologie, etc., nous avons le devoir en tant que professionnels, spécialistes et pratiquants, dêtre efficaces. Cette efficacité passe par une formation adaptée bien sûr, mais aussi par une pratique et un entraînement réguliers. Voici donc quelques pistes pour parfaire cette efficacité et donner encore plus de chances aux victimes davalanches. |
| De la localisation au dégagement | |
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Rappel sur les mesures préliminaires |
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Le dégagement Enfin ma sonde touche au but et il faut creuser. Là encore, il faut faire preuve de jugement et optimiser les efforts. Bien sûr, la configuration du terrain peut mimposer une technique de dégagement. Mais il ne faut pas oublier quune victime au fond dun cône de plus dun mètre est difficile à gérer. Je préfère un accès latéral, coordonné au creusement le long de la sonde que jaurai pris soin de laisser en place. La neige ne retombe pas sur la victime au fur et à mesure du dégagement. Les premiers gestes de secours sont plus faciles à exécuter. Une plateforme se constitue naturellement pour travailler sur la victime. La tranchée et la cavité de dégagement constituent souvent un abri efficace pour attendre le médecin. Le travail sera bien sûr plus facile si au moins deux personnes creusent. Une fois la jonction faite avec la victime, je creuse afin de dégager la tête. Cependant une stimulation de la partie découverte peut déjà renseigner sur létat de conscience de lenseveli. |
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| Bilan et premiers gestes | |
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Lobservation au dégagement de la tête En dégageant la tête, attention, une observation minutieuse
peut apporter des renseignements majeurs quant à la marche à
suivre médicale (poursuite ou non de la réanimation). |
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Lhypothermie Tout blessé en montagne va se refroidir, a fortiori sil est enseveli. Chez une victime indemne, lhypothermie va donner des manifestations de frissons, de troubles neurologiques et de la conscience. Chez lavalanché, tous ces signes peuvent être dus également à dautres causes. Sur une victime inconsciente, je suspecte systématiquement une hypothermie grave ou profonde (- de 28°). La priorité est dempêcher la chute de température. Je lisole alors le mieux possible du froid. Je sais quil est illusoire de la réchauffer en dehors du milieu hospitalier, mais je fais le maximum car, même dégagée, la victime continue à se refroidir. Si la victime est consciente, lhypothermie est généralement moyenne ou légère (+ de 30°). Un réchauffement est possible si jen ai les moyens (locaux chauffés, chaufferettes). La consommation de boissons et daliments chauds est réservée aux victimes conscientes qui ne pourraient pas être évacuées rapidement (évacuation terrestre par moyens de fortune). Lobservation reste de rigueur : pâleur, arrêt des frissonnements, abattement sont des signes daggravation de lhypothermie. Je considère que tout avalanché est hypotherme et le traite comme tel. Lexistence de blessures peut aggraver le refroidissement. |
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| Confronté à plusieurs victimes | |
| Aïe ! Cest le pire des scénarios, surtout
si je suis seul à pouvoir intervenir. Il ny a là aucune
recette miracle, tout au plus quelques idées et aides à la
décision. Le plus important et qui nous fait le plus défaut dans une situation à fort stress, cest une bonne dose de bon sens. Analysons une situation type : Mon Arva capte plusieurs signaux et me conduit rapidement à proximité du premier enseveli. Le sondage mindique une profondeur minime (±1 mètre). Je creuse, dégage partiellement et procède au bilan vital. > Il est conscient : je dégage ses membres supérieurs, le rassure et recherche la victime suivante. > Il respire mais est inconscient : je dégage son torse et recherche la victime suivante. > Il ne respire pas et ne réagit pas à mes deux insufflations : - quid du massage cardiaque ? - je continue la réanimation en hypothéquant les chances de survie des autres ensevelis ? - ou jabandonne et grève peut-être ses propres chances ? Cest la difficile question ! Une analyse méticuleuse et une réflexion teintée de bon sens pourront toutefois maider dans mes choix. > Je regarde la profondeur densevelissement : creuser à plus dun mètre peut savérer long et hypothéquer les chances de tous les ensevelis (parfois plus de 40 minutes pour sortir une personne ensevelie à 1,50 m). > Jobserve lexistence dune cavité devant le visage laissant penser que la victime a respiré un certain temps avant son dégagement. > Je repère le teint livide, les grosses déformations de laxe tête-cou-tronc et éventuellement la présence dune mydriase1 bilatérale (signe dasphyxie lors densevelissement de courte durée). De toute façon je dois faire un choix et ne pas trop me poser de questions. Les facteurs affectifs et psychologiques se chargeront de me compliquer la tâche (cest ma femme, mon frère, mon ami). Dans le cas où des victimes sont trouvées partiellement dégagées et conscientes, je sais que celles qui font le plus de bruit ne sont pas forcément les plus urgentes à traiter. |
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| suite | |
| © ANENA | ||