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-- Hors-piste, randonnée…
et accidents d'avalanche !
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par François Sivardière
Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 101 - mars 2003
Poursuivons l’analyse des accidents mortels d’avalanche 1, commencée dans les numéros 98 et 99 de " Neige et Avalanches ", en nous intéressant maintenant à l’activité pratiquée par les victimes au moment de l’accident. Examinons en particulier les contributions respectives du hors-piste 2 (à ski ou snowboard) et de la randonnée 3 (à ski ou raquettes).

Dans les deux articles précédemment cités, l’analyse ne prenait en compte que les accidents mortels d’avalanche s’étant déroulés pendant douze ans, entre 1989-90 et 2000-01.
Les données relatives à l’année dernière, 2001-02, ne modifient en rien leurs conclusions. Elles sont par contre intégrées dans l’étude présentée.
 

Cumuls sur 13 ans

Sur les treize années de la période d’étude, l’ANENA a recensé 267 accidents mortels à l’origine de 401 décès.
Parmi ces accidents :

• 111 concernaient des personnes en hors-piste (soit 42 %) et ont emporté 228 personnes (soit environ deux emportés par accident mortel) ;
• 103 concernaient des personnes en randonnée (soit 39 %) et ont emporté 283 personnes (soit près de 3 emportés par accident mortel).
Ces deux activités représentent donc 81 % des accidents mortels d’avalanche des treize dernières années, en France. Et 74 % des personnes décédées, parmi lesquelles :
• 144 faisaient du hors-piste (soit 36 %), et
• 152 faisaient de la randonnée (soit 38 %).
La pratique du hors-piste est donc à l’origine de plus d’accidents mortels que celle de la randonnée, mais le nombre de personnes emportées et décédées y est plus faible.
On pourrait conclure que les accidents mortels en randonnée sont plus graves, d’autant plus que 21 % d’entre eux sont à l’origine de deux décès ou plus, contre 18 % en hors-piste. On remarquera toutefois que :
• 63 % (144/228) des personnes emportées par une avalanche mortelle en hors-piste sont décédées ;
• 54 % (152/283) des personnes emportées par une avalanche mortelle en randonnée sont décédées.

Ainsi bien qu’un accident mortel emporte en moyenne " seulement " deux personnes en hors-piste, contre presque trois en randonnée, ses conséquences sont plus graves (la probabilité de décéder est plus élevée). Le faible taux d’équipement en Arva-sonde-pelle, une moins bonne aptitude à les utiliser et la méconnaissance de la conduite à tenir en cas d’accident sont probablement des facteurs qui expliquent cette différence, malgré un éloignement des secours généralement plus important dans le cas de la randonnée.
Des chiffres précédents, il apparaît qu’il y a, en moyenne annuelle sur la période 1989-90 à 2001-02, pratiquement autant d’accidents mortels et de décès par avalanche en hors-piste (entre 8 et 9 accidents mortels, à l’origine de 11 décès), et en randonnée (8 accidents à l’origine de 12 décès).

  Évolution sur 13 ans

Les figures n° 1 et 2 montrent que les variations interannuelles sont parfois très importantes. Les figures n° 3 et 4 , quant à elles, mettent en évidence, à l’aide des moyennes glissantes sur 5 ans 4, l’évolution du nombre des accidents mortels. Dans tous les cas (nombre d’accidents mortels et décès, randonnée et hors-piste), il apparaît que la tendance est légèrement à la hausse.
En ce qui concerne les accidents mortels, cette hausse est très légère pour la randonnée mais plus importante pour le hors-piste. Il y a même ces dernières années un peu plus d’accidents mortels en hors-piste qu’en randonnée.
En ce qui concerne les décès, l’augmentation en hors-piste est également plus importante qu’en randonnée. Dans ce cas aussi, les décès, durant les cinq dernières années de la période d’étude, sont légèrement plus importants en hors-piste (14) qu’en randonnée (13), alors que le contraire était observé durant les premières années de la même période. Cette tendance est encore plus nette si l’on ne prend pas en compte les décès survenus à l’occasion d’accidents particulièrement dramatiques5 (quatre décès et plus).

 

Conclusion


Au cours des treize dernières années (1989-90 à 2001-02), le hors-piste est devenu la cause première d’accidents mortels et de décès par avalanche, “ juste devant ” la randonnée. Or jusqu’au début des années 1990, l’activité la plus touchée par les accidents mortels d’avalanche était la randonnée. Ceci est dû à une augmentation plus importante en hors-piste qu’en randonnée, du nombre d’accidents et de décès par avalanche.
Ces hausses doivent toutefois être relativisées par celle beaucoup plus importante de la fréquentation de la montagne hivernale (et donc du nombre de pratiquants des sports de neige exposés au risque d’avalanche), en particulier dans les domaines hors-piste des stations de ski.

Remerciements

• Aux services publics de secours en montagne (PGHM et CRS de montagne) et à certains services de sécurité de pistes de stations de ski, qui collectent les informations relatives aux accidents et les transmettent à l’ANENA.
• Au Ministère de l’Écologie et du Développement Durable (Direction de la prévention des pollutions et des risques) qui a financé en 2000, une étude approfondie des accidents mortels d’avalanche (Analyse des accidents mortels d’avalanche de 1989 à 1999, en vue de l’amélioration de l’information préventive, F. Jarry et F. Sivardière, ANENA-MATE, 2000).
• À Frédéric Jarry (ANENA) pour la collecte et le traitement des données.

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