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-- Évolution et gravité des accidents mortels d’avalanche
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par François Sivardière

Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 99 - septembre 2002

Poursuivons l’analyse des accidents mortels d’avalanche, commencée dans le précédent numéro de “ Neige et Avalanches “, dans laquelle nous avons vu qu’il y avait en moyenne
21 accidents mortels et 31 décès par avalanche, chaque année en France depuis 1989-90. Ces moyennes ne rendent toutefois pas compte, en particulier, de l’évolution des chiffres ni de la gravité des accidents.

  Entre octobre 1989 et septembre 2001 (douze ans), l’ANENA a recensé 249 accidents mortels d’avalanche. Comme le montre la figure 1, les variations annuelles sont irrégulières et se situent dans un rapport de un à deux et demi. Elles ne font pas apparaître de façon claire une évolution du nombre d’accidents mortels d’avalanche au cours des douze années de l’étude.

On remarquera toutefois que cinq des six années pendant lesquelles il y a eu le plus d’accidents mortels se trouvent en deuxième moitié de la période d’étude et que quatre des cinq années pendant lesquelles il y a eu le moins d’accidents mortels se situent dans la première moitié. Ainsi, si ces douze années sont réparties en deux périodes de six années chacune, on observe que les six premières ont connu en moyenne presque 19 accidents mortels d’avalanche, alors que les six dernières en ont connu en moyenne près de 23 soit une augmentation de l’ordre de 20 %.

La courbe des moyennes glissantes sur cinq ans de la figure 2 confirme le sens de cette évolution. Après un période de stabilité jusqu’au milieu des années quatre-vingt dix (malgré les pics de 1990-91 et 1995-96), la fin de la décennie se caractérise par une augmentation du nombre d’accidents mortels d’avalanche, puis un infléchissement au début du 21e siècle. Ainsi, d’une façon globale, le nombre d'accidents mortels d'avalanche a légèrement augmenté au cours des douze années de l’étude.
-- Les décès par accidents d’avalanche

 

 

Pendant la même période, 372 personnes ont perdu la vie à cause d'un accident d'avalanche. La figure 1 montre qu’il existe une forte variabilité du nombre annuel de décès d’une année à l’autre. L’amplitude de variation va du simple au double.

L’évolution annuelle du nombre de décès par accident d’avalanche est semblable à celle des accidents mortels d’avalanche (à l’exception des années 1993-94 et 1994-95 : voir figure 1). En considérant les deux périodes 1989-95 et 1995-2001, on note ainsi que le nombre de décès entre ces deux périodes a augmenté : en moyenne 29 décès par an dans la première et 33 dans la seconde, soit une augmentation de 15 % environ.

La courbe des moyennes glissantes sur cinq ans (figure 2) des décès par avalanche fait apparaître globalement la même tendance que celle des accidents mortels : relative stabilité, et même légère baisse des décès au milieu des années quatre-vingt dix, puis augmentation jusqu’à la fin de la décennie. On retrouve également l’infléchissement de la tendance au début du 21e siècle. Il y a donc eu parallèlement à celle du nombre d’accidents mortels, une légère augmentation du nombre de décès par avalanche entre 1989-90 et 2000-01.
-- Gravité des accidents mortels
 

Tous les accidents mortels d’avalanche sont bien entendu graves, mais certains sont à l’origine de plus de décès que d’autres. Leur répartition en fonction du nombre de personnes décédées montre ainsi que :

• plus des 3/4 des accidents mortels d’avalanche sont à l’origine d’un seul décès ;

• moins de 10 % sont à l’origine de trois décès et plus.

Parmi ces derniers, il y a eu dix accidents à l’origine de plus de quatre décès, dont les deux plus dramatiques que la France ait connus depuis le 10 février 1970 (39 personnes décédées à Val d’Isère) : Crête du Lauzet, le 23 janvier 1998 (11 morts parmi des randonneurs à raquettes), et Chamonix-Montroc, le 9 février 1999 (12 morts parmi des habitants de chalets).

D’un point de vue plus général, le nombre de personnes décédées par accident mortel est de 1,5 en moyenne, légèrement plus pendant les six premières années de la période d’étude mais légèrement moins au cours des six dernières années. Toutefois, si l’on ne compte pas les accidents particulièrement graves (quatre décès et plus), qui ont une forte influence sur ce ratio, sans être représentatifs des accidents mortels d’avalanche, le ratio est globalement stable autour de 1,2 sur la période étudiée (exceptés en 1991-92 et 2000-01 où il est de 1.4 et 1.5).
-- Conclusion
 

La faible augmentation constatée des accidents mortels d'avalanche et des décès doit être relativisée, notamment par celle, très forte depuis le début des années 1990, de la fréquentation des domaines hors-pistes des stations de ski.

Cette dernière est très difficile à estimer. Mais l’augmentation du nombre de journées skieurs entre 1989-90 et 2000-01 (+78 %, sources SEATM-SNTF) peut permettre d’en avoir un ordre de grandeur.

Remerciements

• Aux services publics de secours en montagne (PGHM et CRS de montagne) et à certains services de sécurité de pistes de stations de ski, qui collectent les informations relatives aux accidents et les transmettent à l’ANENA.
• Au Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (Direction de la prévention des pollutions et des risques) qui a financé en 2000, une étude approfondie des accidents mortels d’avalanche (Analyse des accidents mortels d’avalanche de 1989 à 1999, en vue de l’amélioration de l’information préventive, F. Jarry et F. Sivardière, ANENA-MATE, 2000).

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