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Et tu seras secouriste !!
Directeur de l’Anena depuis le 2 mars 2009, ce qui l’anime le plus : la prévention. Ce n’est plus tant le secours qui l’intéresse, que tout faire pour que l’accident n’arrive pas.
Il sait que le combat sera long, mais il se battra, maintenant au sein de l’ANENA, pour faire baisser le nombre de tués par avalanche :
n’oubliez pas, rien n’altère sa ténacité. |
Dominique LÉTANG, directeur de l’Anena depuis le 2 mars 2009, est né le 8 mai 1961 à Figeac (46). Il est marié et père de quatre enfants. D’origine pyrénéenne par sa mère, mais éloigné des massifs, il découvre la montagne, comme beaucoup, à travers les romans de Roger Frison-Roche, Lionel Terray ou Gaston Rébuffat. Sa passion de la montagne ne va plus le lâcher.
Pour preuve ! Plusieurs fois, il fera le trajet aller/retour en mobylette de Figeac à Gavarnie (65), le porte-bagages couvert de matériel ! À trente kilomètres heures de moyenne, faites le calcul ! En 1980, alors qu’il est appelé du contingent, il fait une chute en escalade, au cours de sa première permission, dans la vallée du Célé (46) et se fracture le bassin.
Il est secouru dans des conditions rocambolesques : c’est une ambulance privée, avec à son bord deux infirmières en talons aiguilles, qui est dirigée sur les lieux de l’accident. Nullement désarmées, les deux infirmières dégottent une échelle dans le village tout proche, pour pouvoir accéder à la première terrasse, sur laquelle Dominique se trouve ! Il ne saurait dire s’il faut trouver ici, quelque lien avec sa future passion du secours !

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Malgré son handicap provisoire, Il entre néanmoins en gendarmerie, dans le seul but de vivre en montagne et rejoint l’Ecole de Chaumont (52). Inapte physiquement, du moins sur le papier, l’avenir est incertain.
Ce n’est qu’à la faveur d’un médecin compréhensif qu’il pourra effectuer, six mois plus tard, un test de sélection organisé annuellement pour les nouvelles recrues, par le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) de Chamonix (74).
Mais c’est l’hiver, et Dominique est testé en ski, lui qui est surtout un grimpeur (les murs d’escalade indoor n’existaient pas à l’époque !). Le test est catastrophique, jusqu’à ce que le dernier jour on lui colle des peaux de phoque sous les skis, technique qu’il découvrait.
Enfin, il allait pouvoir montrer quelque chose ! Le temps de montée fut plus que correct. Du coup, il avait son sésame pour rejoindre une unité de montagne, non un PGHM (il n’y avait aucune raison) mais une brigade de gendarmerie en vallée d’Aspe (64).
Une partie de son rêve se réalisait : il allait vivre en montagne ! |
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La vie d’une brigade de gendarmerie en montagne était, en ce temps là, unique : c’était plus la présence du gendarme qui importait, qui rassurait, que son efficacité réelle en matière de relevés d’infractions ! En revanche, il était assuré une réelle surveillance de la frontière, soumise encore à quelque contrebande et autres passages de séparatistes basques… (encore qu’il n’en vît pas beaucoup!) Cette surveillance s’exerçait à ski de randonnée ou à pied, l’été.
Dès lors, Dominique progresse dans tous les domaines et obtient rapidement les plus hauts brevets militaires et le brevet d’Etat d’Accompagnateur en Moyenne Montagne (AMM).
Parallèlement, il intègre le seul groupe de spéléologues de la gendarmerie, celui d’Oloron Sainte-Marie1. Il arpentera de très nombreuses fois les galeries du gouffre de la Pierre Saint-Martin, en entraînement ou en secours, depuis Tête Sauvage ou le Soum Couy, jusqu’à la Verna et son fameux méandre Martine…
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Commenceront aussi pour lui, ses premières permanences de secours, détaché au PGHM local, et son premier vrai secours au Pic du Midi d’Ossau, dans la voie appelée « sud-est ».
À 26 ans, il entre dans la spécialité « montagne » en rejoignant le Peloton de Gendarmerie de Montagne de Murat (15). Mais la direction générale lui avait fait miroiter une mission (celle de remonter le niveau des unités du massif central) qui fut toute autre dans les faits, du moins au début : patrouilles de nuit, barrages routiers, contrôle de la transhumance… ! Il comprit alors qu’il fallait passer la vitesse supérieure : son salut passerait par l’obtention du diplôme d’aspirant-guide auquel il ne pensait pas vraiment encore. Il fut aussi écouté de ses chefs, et obtint des périodes d’entraînement dans les Alpes, régulièrement.
En 1990, son diplôme d’aspirant-guide en poche, il est affecté au PGHM de Modane (73), où il restera huit ans, puis à celui de Grenoble en 1999, qu’il commandera en second pendant dix ans.
Officier de réserve, guide de haute montagne depuis 1993, secouriste en montagne depuis 1988, il a à son actif plus de huit cents secours.
Son parcours prouve que dans la vie, rien n’est jamais perdu : un handicap qui semble rédhibitoire dès le début (sa grave blessure et les autres à venir), l’éloignement des montagnes, les affectations que l’on subit au cours d’une carrière (Murat)… Rien n’aura altéré le but qu’il s’était fixé.
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Son secours le plus sympa : celui d’une parapentiste de toute beauté !
Le moins sympa : le jour où il s’est fait traiter de tous les noms d’oiseaux à l’occasion du crash d’une montgolfière parce que le souffle rotor de l’hélicoptère avait soulevé l’aérostat et ses occupants, risquant dès lors, de provoquer leur chute, eux qui étaient sains et saufs. Il n’y était pour rien (il n’était pas pilote) mais les secourus ont parfois des réactions curieuses, tel cet ingénieur d’EDF qui un jour, à la demande insistante de son épouse, refusa de dire merci. Il ne le pouvait, étreint par un sentiment de honte et/ou en raison d’un orgueil démesuré !
Le plus périlleux : celui au profit de deux jeunes alpinistes, bloqués depuis deux jours dans la face ouest du Dôme des Ecrins, qui ont été sauvés in extremis. Sept tentatives d’hélitreuillage auront été nécessaires, non sans avoir au préalable démonté tout ce qui était démontable sur l’Alouette III, afin de l’alléger. Ne pouvant accéder directement aux naufragés, et là encore pour alléger de son propre poids la machine, Dominique a dû escalader une arête rocheuse, tenu par le câble de l’hélicoptère, technique peu orthodoxe, dangereuse, mais comme souvent, il y avait urgence…
Le plus dangereux : il ne l’a toujours pas raconté et garde ça pour ses vieux jours !
Une réflexion : jeune sauveteur, l’image d’un visage, d’un corps vous hante et vous empêche souvent de dormir, mais la détresse de la famille (parents, frère, sœur...) vous touche peu, égoïstement. Vingt-cinq ans plus tard, les choses se sont inversées : l’image ne vous fait plus rien, par habitude, mais le désarroi de la famille, les pleurs, les cris, deviennent insoutenables. Oui, toutes ces années vous ont fragilisé, en devenant mari et père, en perdant un être aimé…
Dès lors, vous vous apercevez que le regard que vous portez, au sens propre comme au sens figuré, n’est plus le même…
Ce qui l’anime le plus : la prévention. Ce n’est plus tant le secours qui l’intéresse, que tout faire pour que l’accident n’arrive pas. Il sait que le combat sera long, mais il se battra, maintenant au sein de l’ANENA, pour faire baisser le nombre de tués par avalanche : n’oubliez pas, rien n’altère sa ténacité. ?
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