-- Cher Jacques Saunier,
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par Michel DESMET, Préfet de Région Honoraire
 

" [...] Né en 1909, dans une famille modeste, vous poursuivez d’excellentes études, et obtenez un Doctorat en Droit ainsi que le diplôme de l’École Libre des Sciences Politiques. En 1935, vous êtes reçu au concours de Rédacteur au Ministère de l’Intérieur, au sein duquel se déroulera toute votre carrière. [...]

Nommé Préfet en 1954, vous remplirez cette fonction successivement dans quatre postes très contrastés : les Hautes-Alpes, les Ardennes, le Lot et Garonne, et le département de Bône, en Algérie. [...]


Le dynamisme et le souci d’efficacité qui étaient ainsi les vôtres dans vos préfectures, nous savons qu’ils inspirèrent votre action sous d’autres formes dans les responsabilités qu’il vous fut donné de remplir à Paris. À la tête du Service des Cultes, qui vous fut confié au lendemain de la Guerre : vous souhaitiez ne pas y limiter votre rôle à son aspect administratif ou réglementaire, et vous attachiez à multiplier les contacts avec les responsables des religions, afin de mieux comprendre les problèmes que vous aviez à traiter. À la tête du Service des Affaires Musulmanes, dont la direction vous incomba pendant deux ans, et où votre expérience de l’Algérie vous fut particulièrement utile.
Je ne saurais oublier la Présidence de l’Agence Foncière et Technique de la région Parisienne, où vous appela Paul Delouvrier : il s’agissait d’un organisme nouvellement créé, afin de faciliter les acquisitions foncières indispensables à la réalisation des grands équipements publics dans notre région capitale. Il vous revint de l’organiser, et de guider ses premiers pas : votre goût pour la novation y trouva son compte.

C’est au sein, puis à la tête, de l’Inspection Générale de l’Administration, que se déroula la dernière période de votre carrière si variée. Votre formation de juriste, comme l’expérience multiforme acquise dans les fonctions que je viens d’évoquer, vous prédisposaient au métier d’Inspecteur Général, et ce métier vous attirait. [...]

Vous alliez l’exercer pendant onze ans. Les dossiers qui vous furent confiés étaient souvent parmi les plus délicats : je songe par exemple au partage des attributions du Préfet de Police avec les Préfets des nouveaux départements de la petite couronne, qui devait nécessiter de longues réflexions, ou à la catastrophe de Val d’Isère, dont il vous incomba de déterminer les causes et les responsabilités.
Les Ministres successifs savaient qu’ils pouvaient compter sur votre habitude d’aller au fond des choses, de juger avec précaution, et de ne conclure qu’avec le maximum de certitude. C’est parce que l’on avait confiance en votre clairvoyance comme en votre autorité que le Gouvernement estima naturel, le moment venu, de vous appeler à diriger le Service de l’Inspection Générale. Vous exercerez cette responsabilité majeure jusqu’à votre départ à la retraite en 1976.
Parmi les dossiers qui retinrent le plus spécialement votre attention personnelle durant cette période figure celui des accidents de montagne. Il vous paraissait notamment indispensable de prémunir les populations contre les risques inhérents aux avalanches. C’est dans cet esprit qu’ayant quitté l’administration vous alliez prendre la présidence d’un groupement créé sur votre initiative, et qui poursuit aujourd’hui encore ses travaux à Grenoble : l’Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches. Dans la même perspective, vous deveniez Président du Conseil National de la Protection Civile, où vos qualités d’homme d’étude et d’homme d’action ont laissé un grand souvenir.

Dans le parcours si complet et si varié qui fut le vôtre, les centres d’intérêt furent multiples. Je voudrais cependant souligner que l’un deux fut pour vous constant. Il s’agit de l’attention que vous portiez aux problèmes de la Défense Nationale. Commissaire Colonel de l’Armée de l’Air, vous aviez suivi les stages du Collège de Défense de l’OTAN, et de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale. Vous estimiez que c’étaient là des compléments essentiels à votre culture administrative.

Vous avez toujours pensé aussi qu’il était légitime de mener, au sein même du corps préfectoral, une réflexion permanente sur l’évolution de nos fonctions, sur l’organisation de nos carrières, sur la défense de nos intérêts matériels et moraux, sur les propositions que nous pouvons formuler pour trouver, en ces domaines, des solutions toujours plus satisfaisantes. Tel est le rôle de l’Association du Corps Préfectoral et des Hauts-Fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, dont vous fûtes longtemps administrateur, et pendant plusieurs années Secrétaire Général. [...] ".

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