![]()
La
gestion du risque : qui fait quoi ?
Accidentologie
La
cartographie du risque
La
prévision du risque
Le
déclenchement des avalanches
Les
secours
Le
génie paravalanche
Exemples
d'avalanches
Information
et prévention
![]()
Spécialiste
en déclenchement
d'avalanches
Recyclage
CPT
Maître
chien d'avalanche
Servant
d'avalancheur
Pisteur-secouriste
Observation
nivo-météo
Ingénieur
météo
![]() |
||||||||
| 1971 : la naissance de lANENA | |
|
Par
Louis De Crécy, membre fondateur de l'ANENA, Vice-Président
de l'ANENA de 1971 à 1979
|
||
|
Article publié dans les actes du colloque (novembre 2001, Grenoble) de l'ANENA "Bilan et perspectives de 30 années de gestion du risque d'avalanche en France". |
|
|
L'Association Nationale pour l'Étude de la Neige et des Avalanches est née en 1971 pour répondre aux suggestions très pressantes déposées en juillet 1970 par la Mission interministérielle d'étude sur la sécurité des stations de montagne. Cet article resitue le contexte dans lequel cette mission a effectué son travail et a publié ses recommandations. |
|
| La commission dite de "Val d'Isère" | |
|
Cette Mission était constituée par les membres de la Commission interministérielle nommée dans l'urgence pour enquêter sur la catastrophe de Val d'Isère où, le 10 février 1970, une avalanche monstrueuse avait tué 39 pensionnaires du chalet de l'UCPA. Dans les trois mois qui suivirent, une nouvelle catastrophe meurtrière se produisit au Plateau d'Assy, due, cette fois, à un glissement de terrain. Le Gouvernement charge alors la même Commission d'enquêter sur ce nouveau drame, puis lui confiera, sous le nouveau nom de Mission interministérielle d'étude sur la sécurité des stations de montagne , la charge de proposer les moyens de lutter contre les risques particuliers propres à la montagne. |
|||
| Un objectif prioritaire : la lutte contre l'avalanche | |
|
Le groupe de personnalités que les montagnards ont pris l'habitude
de désigner sous le nom de Commission de Val d'Isère
a donc, à l'origine, une compétence qui dépasse assez
largement le seul risque d'avalanche. Cest pourtant bien la lutte
contre l'avalanche qui sera l'objectif essentiel des mesures préconisées
par le rapport que la Mission remet au Gouvernement en juillet 1970. |
|
| L'état des lieux constaté par la commission | |
| C'est ainsi que la Commission a recensé en 1970 plus
de 25 organismes publics ou privés uvrant dans ce domaine pour
la recherche ou la diffusion d'informations sur les avalanches. Parmi ceux-ci
la Commission devait relever avec intérêt les efforts des organismes
collaborant déjà au sein du Cedonigla pour coordonner leurs
recherches. Comme le lui demandait sa lettre de mission, la Commission s'est ensuite rendue dans d'autres pays alpins pour y examiner l'état des recherches et de l'information sur la neige et l'avalanche. Elle est revenue éblouie par l'organisation suisse avec le célèbre Institut Fédéral pour l'Etude de la Neige et des Avalanches du Weissfluhjoch : d'implantation ancienne (antérieure à 1935), l'Institut était une structure spécialisée de recherche située en haute altitude, accessible par un téléphérique. Le Weissfluhjoch était une sorte de capitale européenne, voire mondiale, de la recherche sur la neige et les avalanches. Certains membres de la commission ont donc souhaité voir se créer en France une structure analogue. Mais ils ont dû reculer devant le coût prévisible d'une telle opération. Leur souhait est resté plus ou moins sous-entendu dans leur texte qui se résigne à préconiser la création dune simple association du type prévu par la loi de 1901 au moins dans un premier temps!. |
|
| La création de l'ANENA | |
| Pis-aller aux yeux de certains membres de la Commission, notre
ANENA, créée le 9 octobre 1971, a cependant eu besoin pour éclore de plus d'un an de gestation depuis la diffusion en août 1970 du rapport de la Commission. C'est que, outre les trois membres du Cedonigla déjà rompus à une coopération efficace, il fallait rassembler des cellules d'origine très diverses, chercheurs sur la physique de la glace, spécialistes des explosifs pour les déclenchements artificiels, spécialistes radio pour la recherche des victimes, prévisionnistes de la météorologie nationale, équipes de la protection civile, ingénieurs de l'équipement, spécialistes de la sécurité des troupes de montagne, autorités chargées d'agréer les projets de nouvelles stations de sports d'hiver, spécialistes de l'Institut Géographique National chargés de la détermination des zones à risques par photo-interprétation de clichés aériens, spécialistes du dressage de chiens d'avalanches, etc. dépendant d'une bonne dizaine de ministères. Il était indispensable, de plus, d'associer le plus grand nombre possible de collectivités publiques, régions, départements et communes, d'associer les stations elles-mêmes bien sûr, et de recueillir le plus grand nombre d'adhésions individuelles ! Un certain nombre de ces organismes n'avaient vu dans la mission de la Commission qu'une simple occasion de faire pression sur le Ministère dont ils dépendaient pour obtenir des crédits supplémentaires mais l'exigence de collaborer au sein d'une même association avec d'autres organismes, souvent perçus comme concurrents, leur paraissait lourde voire génératrice d'inefficacité ! D'où des discussions qui furent longues et des objections de tous ordres : des représentants de stations de tourisme allèrent jusqu'à exprimer la crainte que le mot d'avalanche dans le nom de l'association soit contre-publicitaire et ne nuise à la réputation de leur station. Il fallait lutter contre l'avalanche, mais surtout ne pas le dire ! C'est finalement grâce au prestige du directeur du Centre d'Etudes Atomiques de Grenoble, le très prestigieux prix Nobel que fut Louis Néel que les négociations purent aboutir. Physiquement incapable de goûter les joies du ski et de la neige, Louis Néel avait un sens aigu de l'intérêt commun et en particulier de celui de la région grenobloise. Il sut user de son autorité et accepter d'être notre premier président et de signer l'acte de constitution de l'association le 9 octobre 1971. L'association, avant sa reconnaissance d'utilité publique, n'avait pas la possibilité de recevoir directement des financements publics pour des travaux ou des recherches mais c'est bien en son sein que l'exécution des principaux programmes prévus par la Commission, financés directement par les ministères intéressés, a été organisée et coordonnée : localisation du risque par le CERAFER et l'IGN (carte-inventaire et plans des zones exposées), prévision par la Météorologie Nationale et mise en place des réseaux d'observateurs dans les stations, travaux de protection en collaboration entre les stations et l'Equipement, réglementation par le Ministère de l'Intérieur et les communes, organisation des secours avec la Protection Civile etc. Dans tous ces domaines, des progrès considérables ont été faits dès les toutes premières années de fonctionnement de l'ANENA : l'association y a d'ailleurs très directement contribué par l'organisation de nombreux stages de formation de personnels : directeurs de stations, observateurs, déclenchements d'avalanches, formation de maîtres-chiens etc. Aucun des organismes concernés n'aurait pu, seul, organiser ces stages sans le couvert de l'association dont les stagiaires étaient fiers de faire partie. Dans le domaine essentiel de l'information, l'efficacité de l'action de l'ANENA na pas été moins spectaculaire : à l'heure actuelle, Neige et Avalanches est le périodique indispensable à tous les responsables de stations, les statistiques annuelles d'accidents quelle établit et publie sont un instrument extrêmement précieux, par exemple pour saisir l'évolution des risques qui concerne de plus en plus le hors-piste, rendant de plus en plus urgent une éducation techniquement plus approfondie du public. Non ! Le rôle essentiel de l'ANENA n'est pas terminé ni dans le domaine de la concertation ni dans celui de l'information. Rapporterais-je pour conclure les confidences d'un éminent chercheur suisse du Weissfluhjoch, qui regrettait devant moi la rigidité des programmes de son prestigieux Institut et nous enviait la souplesse et l'efficacité de notre association ? Les membres de la Commission ont certainement bien fait de se résigner à préconiser une association plutôt quun lourd Institut de la neige. |
|
| © ANENA | ||