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LAvalung
a été inventé et breveté en 1996 par un médecin,
Thomas Crowley. Lappareil a ensuite été construit
par Black Diamond Equipment ltd à Salt Lake City. Le système
respiratoire est inclus dans un gilet, porté en permanence par
le skieur hors-piste. Un embout en plastique est placé près
du col du vêtement. Si une avalanche se déclenche, la victime
doit placer lembout dans sa bouche et respirer par celui-ci. Une
membrane (le système Avalung proprement dit) placée sur
le devant de la veste permet dinhaler lair contenu dans la
neige environnante et de le rejeter par lautre extrémité
située dans le dos de la veste. On peut ainsi éviter un
accroissement du taux de CO2 dans lair inspiré.
Ce système a été testé au mont Hood à
une altitude de 2225 mètres en 1998 sous la supervision médicale
de Grissom et Radwin. Trois volontaires furent dabord partiellement
ensevelis (tête sortant de la neige) puis totalement ensevelis dans
une neige bien tassée à une profondeur variant entre 30
cm et un mètre. Le pouls et la respiration, la saturation du sang
en oxygène, le taux de CO2 furent mesurés en continu durant
lensevelissement. Des systèmes de liaisons radio permettaient
une communication entre les cobayes et léquipe de test. Enfin,
un tube permettait dapprovisionner les victimes en oxygène
à la fin des essais.
Tous les sujets démontrèrent une accélération
du pouls et du rythme respiratoire durant lensevelissement. Chez
le premier sujet, le niveau de saturation en oxygène resta supérieur
à 93% et le niveau de CO2 en fin dexpérience monta
jusquà 6%. Le test se prolongea pendant 63 minutes, durée
maximum envisagée. Comme chez le premier, le niveau de saturation
en oxygène du second resta supérieur à 92% et le
taux de CO2 atteignit un maximum de 6% mais le sujet, angoissé,
demanda à être dégagé au bout de dix minutes.
Pour le troisième, la saturation en oxygène descendit doucement
jusquà 81 % et le taux maximum de CO2 monta jusquà
8%. Il prit peur et on le dégagea après 45 minutes.
Les sujets ne perdirent pas connaissance et ne présentèrent
pas de signes de dyspnée mais tous trois se sentirent comprimés
par la masse de neige et signalèrent que le poids de la neige avait
affaibli les mouvements thoraciques au début de lensevelissement.
En mars 1999, ce système a été présenté
aux membres de la commission internationale pour la médecine de
montagne durgence (CISA-IKAR) au col du Simplon (CH).
On peut objecter quavec les essais ainsi effectués, la durée
supposée de la phase de survie après lensevelissement
total ne peut pas être mesurée. Le petit nombre de tests
ne permet pas non plus danalyse statistique. De plus, deux des trois
tests ont dû être interrompus avant la fin pour cause de stress
(et lun deux pour augmentation de lhypoxie). La seule
conclusion que lon peut tirer est que, dans certains cas, le temps
de survie peut être prolongé jusquà une heure.
Cependant le fait quil ait été possible de respirer
dans la neige pendant tout ce temps sans aucun signe dhypoxie est
un résultat surprenant. Il montre quil y a encore beaucoup
de circulation dair dans la neige même si celle-ci a une forte
densité (600 kg/m3). La séparation entre air
inspiré et air expiré est une astuce ingénieuse qui
permet déviter lasphyxie.
Il demeure cependant une critique de base. LAvalung peut prolonger
le temps de survie dune personne totalement ensevelie de 15 à
60 minutes. Cest du temps gagné pour les secours. Cependant,
si lon veut sauver des vies, il faut non seulement prolonger le
temps de survie mais aussi localiser la victime et la dégager.
Le secours dépend de circonstances particulières : taille
de lavalanche, profondeur densevelissement, position de la
victime, équipement et expérience des compagnons non ensevelis.
Généralement, un secours en moins dune heure ne peut
être mené à bien que par les compagnons de la victime
et non par une équipe extérieure. De plus, la veste ne protège
pas contre les traumatismes durant le trajet de lavalanche.
On na
pas évalué linfluence de lhypothermie car la
température centrale na pas été mesurée
durant les tests. Des comptes-rendus daccidents réels, permettant
une évaluation objective du système, ne sont pas encore
disponibles.
Pour le moment, il nest pas possible de quantifier linfluence
de lAvalung sur le taux de survie. Linconvénient le
plus grave semble être que lon accepte un ensevelissement
total avec tous les risques inhérents, en dépit du fait
quun secours à temps ne peut être garanti. Une baisse
de la mortalité avec Avalung pourrait être obtenue seulement
par un secours efficace mené par les compagnons utilisant ARVA,
pelles et sondes. On apprécierait que le fabricant nocculte
pas ces aspects négatifs mais insiste sur les limites de son système.
Il nest pas certain que lAvalung puisse faire baisser le taux
de mortalité. Lobjectif essentiel de toute technique de secours
en avalanche ne devrait pas être de prolonger le temps de survie
sous la neige mais déviter lensevelissement. Des systèmes
basés sur la flottabilité présentent lavantage
par rapport à Avalung déviter lensevelissement
total et de réduire les risques de traumatismes. De plus, le secours
ne dépend ainsi pas du succès ou de léchec
dans la localisation des personnes ensevelies.
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