Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches

Déclenchement d'avalanches

Règlementation générale propre au PIDA

Déclenchement préventif d'avalanches : le P.I.D.A

 

Après l'avalanche catastrophique de Val d'Isère en 1970, un groupe de travail issu de la commission « Sécurité en montagne et risques naturels », s'est constitué à la demande de plusieurs départements afin d'établir des documents de planification pour le déclenchement des avalanches, sortes de consignes de tir.

C'est l'ANENA en 1975, qui est alors chargée d'élaborer ces documents, et propose aux communes supports de stations deux exemples de « PIDA » et de consignes de tir (un pour les grandes stations et l'autre pour celle d'une taille plus modeste), afin de leur permettre d'élaborer elles-mêmes leurs documents.

Le « PIDA » (Plan d'intervention de déclenchement des avalanches) devient alors un document de planification des secteurs et des zones dans lesquelles, par prévention, une commune peut organiser des déclenchements d'avalanches.

 

La procédure d'élaboration du PIDA

Le PIDA est établit sous la seule autorité du maire dans le cadre de ses pouvoirs de police administrative et fait donc l'objet d'un arrêté municipal.

La commission municipale de sécurité est naturellement fondée, si elle existe, à donner un avis consultatif sur ce plan.

Il s'agit à la fois d'un document administratif municipal avec une valeur juridique propre à tout arrêté municipal, mais aussi et avant tout d'un plan opérationnel que l'organisme chargé de la sécurité est tenu d'appliquer pour répondre au maintien et à la préservation de l'ordre public.

 

Le P.I.D.A doit être approuvé par les services de l'Etat pour intégrer l'ordonnancement juridique. C'est la circulaire du 24 juillet 1980 qui prévoit cette forme de contreseing. Ainsi, en dépit des lois de décentralisation, ce texte continue de prévoir la soumission du P.I.D.A. au préfet, pour un contrôle préalable d'opportunité. Le préfet vérifie alors la proportionnalité des mesures de l'acte par rapport au but recherché, ainsi que la comptabilité de l'acte vis-à-vis des intérêts de la Nation.

Il faut donc attendre l'arrêté préfectoral validant l'arrêté municipal, créateur du P.I.D.A., pour que ce dernier intègre de plein droit l'ordre juridique.

Aussi, la mise en œuvre du P.I.D.A. peut se traduire, à la demande du maire et dans certaines circonstances exceptionnelles, par l'engagement de moyens d'intervention de l'État, tels que les hélicoptères. Ainsi le Préfet ne peut être écarté de l'élaboration d'un document qui prévoit un recours aux moyens de l'Etat.

 

Un même P.I.D.A. s'appliquant sur le territoire de plusieurs communes implique que chaque maire approuve celui-ci et publie un arrêté distinct.

Le P.I.D.A. peut aussi avoir des incidences sur une autre station sur le territoire d'une autre commune (pistes et remontées mécaniques à fermer). Dans ce cas le maire de cette autre commune doit prendre un arrêté en conséquence. Cette situation est fréquente lorsque les domaines skiables sont reliés, la concertation indispensable peut s'exercer alors dans le cadre d'une commission intercommunale de sécurité.

 

Mais avant d'arriver à maturité, le P.I.D.A. se développe à l'aide d'étapes qui le précèdent et qui garantissent son pragmatisme et sa pérennité.

L'étude locale du risque d'avalanche constitue la première démarche, primordiale et essentielle.

Cette étude s'appuie notamment sur la Carte de Localisation des Phénomènes d'Avalanches (CLPA).

Ensuite vient l'appel aux témoins locaux, la consultation de documents historiques, de documents géographiques, de données statistiques des précipitations et des vents, des études sur le terrain pour connaître la nature de ce dernier.

Une bonne base cartographique est donc nécessaire pour réaliser un P.I.D.A. qui encore une fois reste un document opérationnel.

En ce sens, définir les zones à risques c'est définir les points de tirs et surtout les moyens techniques les plus efficaces pour déclencher l'avalanche.

 

L'étude des risques d'avalanches détermine les points d'extension maximale des avalanches formant ainsi la « zone de sécurité ». Lors des déclenchements préventifs, les zones de sécurité interdites au public prennent en compte les amplitudes maximales. Le P.I.D.A. définit précisément ces zones et indique les moyens mis en œuvre pour parvenir à sa neutralisation : fermeture des pistes et remontés mécaniques, éventuellement des routes et chemins, restaurants d'altitude interdits d'accès, mise en place de vigies, de filets, de signalétique, des moyens et procédures d'information.

Les zones de sécurité interdites au public sont tracées sur la carte P.I.D.A. et répertoriées sur un tableau récapitulatif avec la liste des pistes et remontées mécaniques concernées par la sécurisation de chaque zone.

 

Le contenu du PIDA

 

Même si le P.I.D.A. peut se présenter sous différentes formes en fonction des besoins et des moyens des stations de ski, certains éléments qui le composent sont quant eux invariables.

 

Le P.I.D.A. est le document principal permettant la mise en œuvre de tous les moyens de déclenchement préventif d'avalanche. Or il existe plusieurs types de P.I.D.A. en fonction des besoins et des moyens de chaque station : le P.I.D.A. général, le P.I.D.A avalancheur, le P.I.D.A. hélico et le P.I.D.A. expérimental.

 

Malgré cette diversité de P.I.D.A, les éléments qui composent le document sont quant à eux, invariables. C'est le cas s'agissant de certaines mentions obligatoires, ainsi que des documents graphiques.

 

Les mentions obligatoires :

-       Un organigramme des personnels chargés de l'application du P.I.D.A. : c'est un tableau récapitulatif de l'ensemble du personnel. Il mentionne le nom, la fonction et le rôle des différents intervenants. A savoir qu'un suppléant est désigné nommément pour chaque poste. Cet organigramme permet d'avoir un descriptif détaillé des responsabilités et des fonctions de tous les intervenants. De ce fait, en cas de problème, il est facile de s'y référer.

-       Un inventaire des points de déclenchement et des zones interdites au public.

-       Un cahier de consignes de sécurité à mettre en œuvre pour le public et les personnels. Ce cahier de consignes de sécurité vise à prévenir les professionnels et le public des éventuels accidents qui pourraient survenir du fait d'une avalanche. Par ailleurs, il donne des indications sur les comportements à adopter en cas d'accident.

-       Enfin, il doit être fait état des consignes de tir par secteur et/ou des types de déclenchement. Ces consignes sont à destination des professionnels. Ce sont des directives qui s'imposent aux artificiers.

 

Les documents graphiques :

Il se peut qu'il y ait plusieurs documents cartographiques ou bien un seul si toutes les données indispensables se trouvent sur cet unique document. Ils permettent donc d'avoir une vue d'ensemble concrète du territoire lors de la mise en œuvre du P.I.D.A..

 

On devrait normalement y trouver :

- Les habitations, les routes, les restaurants d'altitude

- Les pistes et les remontées mécaniques

- Les sites, les pentes, les couloirs où les déclenchements sont pratiqués. Tous les points de tirs sont identifiés par un numéro

- Les ouvrages de protections (râteliers, tourne digue, etc.)

- La zone interdite au public pendant les opérations. Ces zones sont identifiées par une lettre et une couleur

- Le positionnement des vigies de contrôle

- Les installations de déclenchement (Catex, gaz-ex, avalancheur)

- Les « dropping zones » pour le P.I.D.A. hélico

- Le tracé des avalanches avec leurs extensions maximales

- Le cheminement des artificiers : accès, repli

- Le ou les dépôts d'explosifs

- Le positionnement des canons avalancheurs et des impacts de tirs

- Le parcours de l'explosif depuis le dépôt

- Les postes de secours.

 

L'encadrement de la mise en œuvre du P.I.D.A.

 

La formation du personnel :

Le P.I.D.A. désigne nommément tous les personnels engagés dans sa mise en œuvre et décrit toutes les missions afférentes aux différentes fonctions et missions. Il désigne également le Chef d'exploitation des remontées mécaniques de la station, chargé de faire respecter les règles de sécurité des personnels, et de fermeture des appareils aux clients.

 

Il désigne également les commandants de gendarmerie et de police chargée si nécessaire de faire évacuer les zones de sécurité (restaurants d'altitude, bâtiments, voiries, etc.). De plus, si le P.I.D.A. s'applique aux routes il désignera les responsables des voiries concernées.

 

L'artificier préposé au tir, chargé de la mise en œuvre des produits explosifs, doit être titulaire d'un permis de tir signé par le président de la société d'exploitation des remontées mécaniques (ou le maire si la station est gérée en régie) après avoir subi une visite médicale et être habilité à l'emploi des produits explosifs, conformément aux dispositions de l'art. 3 du décret du 12 juillet 1978 relatif au marquage, à la détention, au transport et à l'emploi des produits explosif.

 

Il doit être en outre justifié des qualifications suivantes :

 

- Formation de base : être titulaire d'un certificat de préposé au tir, option « tir en montagne pour le déclenchement d'avalanches » délivré par le Ministre de l'Education.

 

- Recyclage : avoir subi depuis moins de cinq ans soit la formation de base indiquée ci-dessus, soit une session de recyclage sur la neige, les avalanches et l'emploi des explosifs dans la neige. A l'issue de cette session, les personnels non titulaires du certificat de préposé au tir option « tir en montagne pour le déclenchement des avalanches » devront en subir les épreuves. Les autres stagiaires recevront une simple attestation de recyclage.

 

- Enfin la formation continue consiste en un rappel annuel des schémas opérationnels, et des consignes de sécurité. La formation prévoit aussi un rappel sur les cheminements précis des artificiers et des vigies par remontées mécaniques, chenillettes, hélicoptère, accès à ski ou à pied et à ne pas oublier le chemin de repli prévu. La formation prévoit également une information continue sur la mise en place et positionnement des personnels d'appui avec matériel de secours et de recherche adéquat.

 

De la fonction de planification à la fonction d'exécution, les principaux intervenants dans la réalisation du P.I.D.A. sont :

 

-Le responsable de la mise en œuvre du P.I.D.A. qui concours à son établissement, prévoit et fournit les moyens nécessaires en matériel et personnel, décide de la mise en œuvre de tout ou partie du P.I.D.A. pour ce qui concerne le plan de tir du jour en fonction de l'évaluation avalancheuse faite en concertation avec les chefs de secteur. Il veille et contrôle son application, notamment les dispositions relatives au respect des consignes de sécurité. Il transmet également l'information de début et de fin à tous les intervenants, il distribue et assure le retour des explosifs, il saisit le registre des explosifs.

Il est le premier destinataire du compte rendu du déroulement et des résultats des tirs, car il est le personnel qui par la suite va rendre compte au maire des opérations (en général lors des réunions de la commission municipale de sécurité). Le début et la fin du P.I.D.A. doit être clairement transmis et identifié par tous les intervenants ainsi le directeur des opérations suit en temps réel l'exécution du P.I.D.A. (renseignée pas les vigies ou les boîtiers GPS). La traçabilité des tirs effectués (ou non parce que non nécessaires après évaluation des risques) doit être la plus précise possible.

Le VigiP.I.D.A. est un outil de suivi efficace. Il recueille les comptes rendus après l'exécution du P.I.D.A.

Cette collecte des comptes rendus permet de recueillir toutes les informations saisies par les artificiers à savoir : l'analyse (outil d'aide à la décision) et le bilan du P.I.D.A. (vue panoramique).

 

VigiP.I.D.A. est un outil de suivi efficace

 

Saisie du compte rendu d'un tir, réalisé par la vigie ou l'artificier dès son retour. Les données sont transmises en temps réel. La saisie se réalise en moins de 10 secondes par point de tir. L'artificier ne passe pas plus de 2 minutes pour renseigner son P.I.D.A.

 

Vue globale du P.I.D.A

 

Vue globale du P.I.D.A. qui a été réalisé. Synthèses des différents comptes rendus de tirs réalisés sur une vue de face globale représentant chaque couloir du P.I.D.A.

 

Ces documents sont conservés dans un registre d'application du P.I.D.A. qui doit être tenu à jour. Le registre doit être à disposition du maire responsable de la sécurité sur sa commune.

 

Enfin, dès la fin des opérations de déclenchement, la réouverture des remontées mécaniques, des pistes et l'accès au public sur les zones d'intervention ne pourront avoir lieu que sur ordre du responsable de l'application du P.I.D.A..

 

- Les chefs de secteurs opérationnels décident d'effectuer tout ou partie des tirs sur leur secteur en fonction de l'estimation des risques évalués sur place en concertation avec les artificiers.

Un chef de secteur est aussi responsable de l'explosif affecté (distribution et retour). Il vérifie l'absence de public dans les zones de sécurité interdites au public et se fait rendre compte par les artificiers des résultats des tirs.

Le chef de secteur fait également appliquer les consignes de sécurité du personnel.

Enfin, il rend compte au responsable du P.I.D.A. en fin d'opération.

 

-Les pisteurs artificiers appliquent le P.I.D.A, en concertation avec le chef de secteur. Ils appliquent les consignes de sécurité et rendent compte au chef de secteur des résultats des tirs.

En cas de faute, la responsabilité pénale du pisteur peut être engagée, exemple : CA de Grenoble, 09-10-2000, « REGORE-Garcin-Audier » : Deux snowboarders se tuent sur un secteur situé entre deux pistes dont la pente faisait partie de l'espace couvert par le P.I.D.A. Un déclenchement avait pourtant était effectué le matin même entre deux point de tir habituels et deux panneaux distant de 100metres l'un de l'autre avait été place sur la crête d'accès à la pente fatale. Il est reproché à l'artificier de ne pas avoir appliqué strictement le P.I.D.A., et de ne pas avoir mis en place une signalisation suffisante.

Le juge sans se prononcer sur le respect strict des points de tir désignés par le P.I.D.A., a estimé que le pisteur n'était pas tenu de pouvoir déceler systématiquement la localisation exacte du risque d'avalanche depuis le plan de tir et que l'insuffisance (qu'il reconnaît en l'espèce) de balisage informatif n'est préjudiciable que s'il existe un lien de causalité entre cette insuffisance et le dommage survenu.

 

L'utilisation des explosifs et le suivi des tirs :

C'est précisément sur les dispositions relatives à l'emploi d'explosifs que le Préfet exercera particulièrement son contrôle d'opportunité. La nature des substances employées est restrictive. Ne peuvent être utilisés que les produits explosifs ayant reçu du ministre chargé des mines l'agrément technique prévu par l'article 2 de la loi du 3 juillet 1970 portant réforme du régime des poudres et substances explosives.

 

L'utilisation de ces produits explosifs suppose des mesures préventives. En 2007 a été adopté une réglementation en matière de sécurité. L'arrêté du 20 avril 2007 (modifié par l'arrêté du 29 mai 2015) fixe les règles relatives à l'évaluation des risques et à la prévention des accidents. Cet arrêté a été complété par une circulaire interministérielle du 20 avril 2007 (abrogée par la circulaire du 10 mai 2010) qui précise les modalités de calcul des zones de danger Z1 à Z5.

 

Les moyens de stockage sont tout aussi limités : la loi interdit de stocker les explosifs et artifices de mise à feu ailleurs que dans des dépôts autorisés, on en compte 3 types :

- Les dépôts enterrés (c'est une galerie isolée creusée sous terre, très utilisée en mine et carrière) ;

- Les dépôts igloos (voûte de béton entièrement recouverte de terre) ;

- Les dépôts dits superficiels (une construction à la surface du sol, ce sont les plus fréquents).

 

Au titre de la sûreté, ces dépôts sont classés en 4 catégories qui fixent la capacité de stockage de matière active de produit explosif :

- 1ere catégorie : plus de 2T

- 2e catégorie : de 500kg à 2T

- 3e catégorie : de 50kg à 500kg

- 4e catégorie : moins de 50kg

 

Une réglementation est intervenue en 2005 (arrêtés du 13 décembre 2005) en matière de sûreté et de surveillance des dépôts de produits explosifs : désormais une étude de sûreté doit valider si la mise en dépôt est confirmée. Ces études doivent être déposées en préfecture car de manière générale l'exploitation d'un dépôt est subordonnée à une autorisation préfectorale, on parle de certificat d'acquisition des matières explosives.

 

S'agissant du transport des explosifs dans un véhicule terrestre, on note un accord européen relatif au Transport International des Marchandises Dangereuses par Route (ADR), signé à Genève le 30 septembre 1957. À ce jour, plus d'une quarantaine de pays l'ont ratifié.

L'accord précise les conditions de transport avec des règles évidentes : limiter le nombre de personnes exposées, ne pas laisser sans surveillance des explosifs ou détonateurs, ne pas fumer pendant le transport et la manipulation d'explosifs. On trouve aussi des règles sur les conditions de circulation, sur la conduite à adopter, des règles applicables sur les voies privées/publiques, les conditions de stationnement, etc.

 

Enfin l'utilisation d'explosif a des conséquences sur l'environnement. Un tir engendre des vibrations, des bruits et des projections, il convient donc de prendre en compte les effets que peuvent avoir l'emploi d'explosif et de concevoir le plan de tir pour limiter les conséquences nuisibles à l'environnement : l'extension du périmètre d'application du P.I.D.A. (hors-pistes) a naturellement conduit à la multiplication des points de tir, ce qui incite parallèlement les exploitants à recourir à des systèmes de déclenchements automatiques. Avec ces déclenchements quasiment systématiques la faune est menacée.

Pour l'heure il n'existe que des préconisations qui peuvent réduire à minima le dérangement et la mortalité induits par ces tirs préventifs :

- Effectuer les tirs aux heures pendant lesquelles les animaux sont actifs, facilitant ainsi leur fuite.

- Privilégier les déclenchements manuels qui permettent l'effarouchement de la faune avant le tir.

- Utiliser des signaux sonores avant le déclenchement afin de mettre en alerte les animaux.

- Déterminer la programmation des tirs avec des personnes disposant des compétences sur la faune afin d'essayer de déclencher les tirs dans les zones que l'on sait inoccupées en premier, puis les zones à enjeux en dernier permettant ainsi de procéder à un effarouchement.


Le PIDA général

Le P.I.D.A général

Il est établi sur la base de moyens opérationnels dits classiques. Sont ainsi compris le grenadage à main, le câble transporteur d'explosifs (Catex) et le déclencheur à gaz (Gaz-ex). Ces différents P.I.D.A. généraux font tous l'objet d'une mise à jour annuelle.

Le grenadage à main
Il s'agit de la technique la plus ancienne. Elle fait appelle à deux artificiers qui lancent des bâtons d'explosifs (ne pouvant dépasser les 2,5 kg) dans les pentes à purger. La déflagration produit une onde de choc qui crée une rupture du manteau neigeux. Suivant le résultat, les artificiers renouvellent l'opération. La mèche lente qui doit être d'un mètre minimum leur laisse deux minutes pour se mettre à l'abri, de l'autre côté du versant. Le principal risque est que le choc de l'explosion fasse partir des plaques de neige sous leurs pieds. La charge au moment du lancement est reliée à l'artificier par une corde qui lui permet de la récupérer, s'il y avait une erreur de tir.

Le câble transporteur d'explosifs (Catex)
Ce dispositif a d'abord été utilisé en Autriche et en Allemagne puis a été expérimenté et perfectionné en France dès 1973. Le système est à mi-chemin entre les téléphériques et le déclenchement par hélicoptère. Le Catex est donc un petit téléphérique léger, fonctionnant en boucle et pouvant desservir plusieurs couloirs. La charge est véhiculée par le câble. Positionnée au-dessus du couloir, elle est mise à feu soit pyrotechniquement, soit électriquement. Partout où son installation est possible, le Catex permet un déclenchement en tout temps. Cette qualité est fondamentale pour les responsables de la sécurité. Néanmoins, son installation demande un investissement considérable. Cette technique est notamment utilisée dans la station de ski des Arcs dans le département de la Savoie.
Le déclencheur à gaz (Gaz-ex)
C'est le système le plus pratique pour les artificiers car le déclenchement se fait depuis les bureaux des remontées par un ordinateur. Le responsable de tir est le seul habilité à utiliser cet appareil et à connaître les codes d'accès. Le déclenchement par un Gaz-ex est le résultat d'une déflagration d'oxygène et de propane mélangés. Cette explosion, qui équivaut à 27 kg de T.N.T., se produit au-dessus du manteau neigeux depuis une bouche en fer. Cette bouche est reliée par deux tuyaux à des bonbonnes d'oxygène et de propane.
Le Gaz-ex est notamment utilisé dans la station de ski de Pralognan-la-Vanoise, en Savoie.


Le PIDA expérimental

Les nouvelles technologies de déclenchements préventifs font généralement l'objet d'un PIDA expérimental.
Dernièrement, toujours à la recherche d'innovation dans le secteur des déclenchements d'avalanches à distance, la société TAS a mis au point le système DaisyBell. Cette innovation permet de déclencher les avalanches dans les espaces accessibles uniquement par les airs, il permet en outre une sécurisation des espaces où la présence de structures fixes est impossible. Héliportée, DaisyBell permet de sécuriser différents sites avec une même solution.
En vol stationnaire entre 3 et 10 mètres au-dessus du couloir, DaisyBell génère une explosion d'un mélange d'hydrogène et d'oxygène contenu dans une enceinte métallique de forme conique. De par son autonomie et sa mobilité, ce système permet une succession de tirs sur plusieurs zones géographiques et d'ajuster au plus près le point de tir. DaisyBell a notamment fait ses preuves dans la station de ski de Chamonix en Haute-Savoie.


 

Le PIDA avalancheur

Un avalancheur est un propulseur pneumatique d'environ 5 mètres capable de lancer des flèches explosives sur un secteur donné jusqu'à 2 kilomètres de distance et de dénivelé. Il ressemble à un petit canon mais c'est la détente d'un gaz inerte, l'azote, qui propulse la flèche.
Ce dispositif est particulièrement bien adapté pour les stations de ski qui n'ont pas de grandes zones avalancheuses. C'est le cas notamment de la station de Valberg dans les Alpes-Maritimes qui utilise ce dispositif depuis plusieurs années.

Les avantages d'une telle pratique sont nombreux. D'abord, l'avalancheur n'est pas dangereux pour les artificiers car ils ne sont pas directement en contact avec les flèches explosives. Ensuite, il s'intègre parfaitement avec le milieu naturel à la différence d'autres systèmes comme les Catex et Gaz-ex. Enfin, ce système est beaucoup moins lourd en investissement et beaucoup moins coûteux en fonctionnement comme peuvent l'être le Catex ou le Gaz-ex.
Le P.I.D.A. avalancheur est renouvelable chaque année du fait de la périodicité de l'autorisation donnée au maire de fabriquer l'explosif binaire utilisé. Il fait donc l'objet d'un arrêté municipal annuel.


 

Le P.I.D.A. hélico

Présentation

Le P.I.D.A. hélico est particulier dans la mesure où son autorisation est dérogatoire eu égard à la loi qui interdit tout transport et largage d'explosif amorcé par aéronef. Il est prévu par la circulaire interministérielle du 7 novembre 1988 relatives aux règles provisoires d'emploi et de mise en œuvre d'un hélicoptère pour effectuer du déclenchement préventif d'avalanche par grenadage.

Le grenadage par hélicoptère est un acte de police administrative placé sous la responsabilité exclusive du maire de la commune où se situe le déclenchement. C'est une opération très délicate car les charges sont mises à feu depuis l'hélicoptère.

 

Du fait de ce régime dérogatoire, deux conditions primordiales doivent être remplies afin que le P.I.D.A. hélico puisse être mis en œuvre.

Il doit s'intégrer dans un P.I.D.A. terrestre déjà existant et il doit faire l'objet de deux arrêtés préfectoraux annuels : l'un autorisant la création d'une zone de décollage et d'atterrissage d'hélicoptère et l'autre autorisant le transport et le largage d'explosifs depuis l'hélicoptère.

De plus, tout comme le P.I.D.A. général et avalancheur, il fait lui aussi l'objet d'un arrêté municipal annuel après avis de la commission municipale de sécurité. Enfin, un compte rendu est établi par le directeur des opérations à la fin de chaque mission.

 

La sécurisation du P.I.D.A. hélico

S'agissant de la sécurisation du P.I.D.A. hélico, celle-ci s'articule autour de trois volets distincts :

-       L'utilisation d'un hélicoptère : Il est utile de procéder à un survol de reconnaissance avant les tirs si le pilote ne connaît pas suffisamment le site. Ce vol permet également de contrôler la zone interdite au public Les zones de sécurité interdites au public devront prendre en compte les « dropping zones » et les couloirs aériens empruntés par l'hélicoptère en plus de la zone avalancheuse maximale. Les hélisurfaces où seront embarquées et débarquées les charges explosives doivent être autorisées par le préfet et cette autorisation est valable pour une saison d'hiver.

-       Le transport d'explosifs : Les opérations de déclenchement préventif des avalanches, réalisées dans le cadre d'un P.I.D.A. hélico, nécessitent le transport de charges explosives à bord d'hélicoptère. Pour entreprendre de telles opérations, la société de travail aérien doit obtenir une autorisation de transport de charges explosives, dite autorisation P.I.D.A., délivrée par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) par dérogation à l'arrêté du 24 juillet 1991 relatif aux conditions d'utilisation des aéronefs en aviation générale, la société justifiant de mesures de sécurité équivalentes à celles applicables au transport aérien public.

-       Le personnel chargé du déclenchement : Ces opérations font intervenir, outre les personnels de la société de travail aérien (pilotes, treuillistes, etc.), un ou plusieurs pisteurs artificiers qui sont en charge du maniement et du largage des charges explosives.

 

L'autorisation de transport

Pour entreprendre de telles opérations, la société de travail aérien doit obtenir une autorisation de transport de charges explosives, dite autorisation P.I.D.A., délivrée par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) par dérogation à l'arrêté du 24 juillet 1991 relatif aux conditions d'utilisation des aéronefs en aviation générale, la société justifiant de mesures de sécurité équivalentes à celles applicables au transport aérien public.

Cette autorisation P.I.D.A. n'est valable que dans le cadre de l'autorisation globale de déclenchement d'avalanches délivrée par les autorités préfectorales. Enfin, le dernier volet est relatif aux personnels chargés du P.I.D.A. hélico. Ces opérations font intervenir, outre les personnels de la société de travail aérien (pilotes, treuillistes, etc.), un ou plusieurs pisteurs artificiers qui sont en charge du maniement et du largage des charges explosives.

 

Conditions administratives

En plus de la nécessaire intégration du plan de grenadage par hélicoptère dans un P.I.D.A. et de l'examen du dossier fourni par la société exploitant l'hélicoptère, l'hélisurface doit être autorisée par le préfet et doit répondre à des conditions spécifiques.

Aucun bâtiment ne doit être situé dans un rayon de 100 mètres et l'axe d'approche et de dégagement des zones doit se situer hors zones habitées ou installations sportives ouvertes au public (pistes, remontées mécaniques, etc.).

 

 

Règles relatives à l'emploi des explosifs

L'explosif est amorcé à l'écart de l'hélicoptère (distance minimale de 100 mètres). Ce dernier suit scrupuleusement le circuit prévu par le P.I.D.A. On purge les pentes basses en premier afin d'éviter le risque de déstabilisation de l'hélicoptère par une avalanche venant des zones supérieures. L'artificier et le pilote sont obligatoirement en liaison radio pour toute la durée de l'opération. Sur la conduite à tenir en cas de raté de tir, toute charge non explosée devra être repérée mais il est interdit de la remonter dans l'hélicoptère. Elle sera détruite sur place en disposant une seconde charge à son contact. Si la première charge défectueuse n'est pas retrouvée, toute la zone prévisible ou effective de l'avalanche sera interdite d'accès jusqu'à sa récupération.

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