Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches

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Préparer sa sortie

Préambule

Nous vous proposons de décrire les étapes essentielles de la préparation d’une sortie.
Les points développés n’ont pas vocation à fixer des règles ou constituer un manuel. Nous allons en effet nous attarder ici sur la phase temporelle de préparation à la maison.
Dans la démarche du 3 x 3 (ou des filtres décisionnels), cette première approche est prolongée par un questionnement au départ de la randonnée et à chaque difficulté du parcours.

Lors de la construction du projet, le choix d’une course et de ses alternatives est fonction de l’évaluation des conditions et des équipiers : vécu, compétences techniques et physiques, aspirations…
Du point de vue du groupe, et c’est encore plus vrai pour des projets de plusieurs jours, il est primordial de considérer que le choix de l'objectif doit permettre au moins aguerri des participants de ne pas être mis en difficulté physiquement ou techniquement.

La question des compétences et de la répartition des responsabilités et des rôles mérite également d’être traitée. En général, l’implication de tous les membres du groupe sera efficace et effective sur le terrain si elle est menée dès le stade de la préparation.

 

progression en montée

Dès lors qu’une première approche de projet est réalisée - un massif, une vallée et une date choisis avec un groupe connu -
une analyse détaillée de certains aspects s’impose.

La collecte et la comparaison des informations

••>> Supports nécessaires :


une carte au 1/25 000ème, bulletin météo, bulletins avalanche (bulletin quotidien d’estimation du risque d’avalanches et bulletin de synthèse hebdomadaire - BSH).
Autres outils utiles* : les topos de ski de randonnée (avec photos des versants), les sites Internet donnant des renseignements sur les conditions de neige actuelles, un crayon.
Contacts utiles : bureau des guides local, gardiens de refuge, services des pistes.
Auprès de ces professionnels, plus vos questions sont précises, plus les éléments qu’ils vous apporteront seront utilisables.

En premier lieu, il importe avant tout de se faire une représentation détaillée de l’itinéraire, de bien analyser le bulletin météo d'une part, le ou les bulletin(s) nivo d'autre part (BRA et au besoin BSH). Nous aurons alors à notre connaissance les prévisions météo à courte échéance ainsi qu'une tendance à moyen terme, et des informations sur les conditions de neige, tant sur sa quantité et sa qualité en surface que sur sa stabilité. C'est le croisement de ces deux outils qui déterminera pour une bonne part la faisabilité du projet. Neige dure, gelée, pourrie, épaisse ou très peu abondante, toutes ces conditions présentent des avantages et des inconvénients, et il faut en tirer le meilleur parti en fonction du terrain, du groupe, de l’horaire. Concernant le choix précis de l’itinéraire, une première approche consiste à tracer le parcours sur la carte au 1/25 000ème puis à repérer les passages critiques. Sur les cartes TOP 25 de l’IGN, une proposition de tracé est placée en bleu pour les plupart des classiques de ski de montagne. Ce tracé ne constitue pas une référence précise mais une indication plus ou moins approximative de passage, ces tracés pouvant être sujets à de fortes évolutions en zones glaciaires en particulier.

En cas de mauvaise visibilité annoncée ou possible, une préparation de route pour une marche à la boussole ou au GPS est nécessaire. Nous ne développerons pas ces cas particuliers qui nécessitent un dossier à part entière.

Pour les passages les plus complexes, un sur-lignage des courbes de niveau maîtresses permet de faciliter la lecture du terrain en première approche. Dès ce stade, une évaluation grossière du temps de réalisation de la course est pertinente car elle peut remettre en cause le projet. Les outils tels que des topos de ski ou des sites contributifs sur les conditions apportent un éclairage supplémentaire, pour peu que l’on soit en mesure d’interpréter ces données. Une analyse détaillée de tous ces outils permet de repérer les points-clés du parcours, les pentes raides, les échappatoires, etc.

Analyser tous les passages-clefs avec des alternatives et leurs variantes ainsi que tous les points de décision. travail carte seb - anena


Un deuxième niveau d’approche consiste à mettre en rapport le passage le plus délicat (déclivité, exposition) avec le bulletin d’avalanches. Cette comparaison permet de valider le choix de la sortie (ou bien au contraire de l'invalider). Il reste ensuite à vérifier que l’ensemble des membres du groupe est apte à franchir le (ou les) passage-clef de l’itinéraire. Pour finir, un examen de points ayant trait à la logistique est à faire : gestion des transports routiers, remontées mécaniques, etc.

  • sur l’itinéraire : son tracé, passages critiques du point de vue avalanches/risques de chutes, dénivellation, distance horizontale à parcourir ; des difficultés d’orientations peuvent-elles apparaître par mauvaise visibilité, y a-t-il des zones où des dangers objectifs particuliers sont à craindre (crevasses, chutes de pierres…) ?

 

  • sur la météo : quelle est la prévision et son indice de confiance, doit-on s’attendre à des précipitations, du brouillard, du vent ou un brusque changement de température… ?

 

  • sur la nivologie et les avalanches : quel niveau de risque est annoncé pour le massif, quelles pentes sont particulièrement concernées par un risque de plaque ou bien de purge spontanée ? Doit-on s’attendre à une évolution importante au cours de la sortie (chaleur, nouvelle chute de neige, transport par le vent ?). Comment est constituée la surface du manteau neigeux, etc.

 

  • à propos du facteur humain : qui participe, avec quel niveau technique, d’expérience ? Le groupe est-il homogène, y compris en termes de motivation et d’attentes ? Qui est responsable, qui décide ? Les membres du groupe sont-ils équipés en rapport avec l’objectif fixé ?

Analyser tous les passages-clefs avec des alternatives et leurs variantes ainsi que tous les points de décisions

Matériel de préparation utile : le même que lors de la phase précédente auquel on peut ajouter judicieusement une réglette de mesure des pentes.

À ce niveau, il convient de passer en revue chaque passage de la sortie, s’en faire une bonne image afin de développer une stratégie pour le franchir. La déclivité, l’exposition en cas de chute ou à un danger venant d’au- dessus sont autant de points à évoquer.

Comme pour l’étape précédente, il faut s’assurer que chaque participant est en mesure de franchir tous les passages en toute sécurité. Il faut avoir en outre à l'esprit que, fréquemment, les contraintes ne sont pas les mêmes lorsque le passage délicat est abordé à la montée ou bien à la descente, ou si l’effectif du groupe est important ou au contraire limité.
À ce stade, les conditions particulières, horaire, validation locale des conditions nivo- météo annoncées, etc., sont à prendre en compte. Par ailleurs, il faut se demander si des stratégies particulières ne doivent pas être envisagées : espacement entre les membres du groupe, matériel spécial (crampons, corde pour une pose de main courante, etc.)
Dans la plupart des cas, des doutes devront être émis sur la possibilité de réaliser le parcours initial. Il apparaît donc utile de rechercher des variantes possibles, ou même un parcours de substitution, au cas où les conditions seraient moins favorables que prévues. Le fait d’envisager différents cas de figure développera l'imagination, et finalement la réactivité sur le terrain, ainsi que l'adaptation aux conditions.

Cette précaution évitera bien souvent de tomber dans le piège habituel de l’obstination, qui entraîne en une sous-évaluation des dangers, essentiellement parce que les alternatives au projet initial ont été mal étudiées, voire ignorées, apparaissant ainsi inappropriées.

Enfin, pour que, sur le terrain, les choix soient faits au bon moment, il est bon de convenir de quelques lieux de prise de décision. Ils se situeront bien évidemment avant les passages-clefs, mais ils gagneront aussi à être combinés avec des pauses de confort. Parfois, un lieu de prise de décision peut vouloir dire « point de non-retour ». Il est évidemment nécessaire de bien y réfléchir car, dans l’action, une contrainte d’horaire ou une pression du groupe peut faire omettre un critère déterminant pour prendre la meilleure décision.

traces - anena La concrétisation d'un plan horaire permet de valider (une dernière fois avant le départ) les choix pour optimiser le déroulement de la course (sécurité, plaisir du ski).

Séquence par séquence, le déroulement d’une sortie peut être repris en tentant de placer des temps de parcours pour chaque section, sachant que :

  • plus la course est technique, plus le dénivelé horaire est ralenti. Ceci est lié aux manipulations de matériel, à la multiplication des points de décision, à la nécessitée d’assurer une sécurité accrue pour les participants les plus faibles ;
  • plus le groupe est important, plus il y aura d’inertie dans les prises de décision (ainsi que dans leur exécution), et même dans l’action : passage avec un espacement déterminé, etc. ;
  • si l’étape comporte une section particulièrement plate, le dénivelé horaire habituel n’est pas du tout pertinent ;
  • dès lors que l’on évolue par faible visibilité (brouillard, nuit), les temps habituels de parcours peuvent fréquemment être doublés.

••> Quelques données pour calculer son plan horaire

Phase de montée :

Après avoir calculé la dénivellation et mesuré la distance horizontale, le temps de montée s’évalue comme suit :

Temps de montée (heures) = dénivellation (en m) /400 + distance horizontale (en km) /4 + les temps de pause.

Phase de descente :

Le temps nécessaire est le plus souvent estimé au quart du temps de montée.

Attention :

Dans le cas de groupe nombreux et de parcours techniques, les temps de pause peuvent être très importants du fait des manipulations. Il en est de même pour les temps de prise de décision lorsque les conditions nivologiques et/ou météorologiques sont difficiles.
Dans l'exemple ci-dessous est présenté un enregistrement réalisé sur 9 h lors d'une traversée du Grand Charnier d'Allevard (Isère - nord Belledonne) avec 8 personnes. Cette course technique (chaussage/déchaussage, utilisation de crampons) démarre du Collet d'Allevard (sommet de la station) et se termine au refuge du Merlet (par la remontée d'un long vallon).
On s'aperçoit que les skieurs sont en attente 39 % du temps, pause repas comprise.

plan horaire

Pour chaque étape du parcours, il faut se demander ce qui pourrait se produire à chaque passage-clef, en fonction des difficultés rencontrées possibles (météo, difficulté à faire la trace, « bottage » sous les skis, sous-couche glacée...), difficultés a priori indépendantes entre elles, mais qui pourraient s'influencer mutuellement.

Cela revient en quelque sorte à se projeter dans le pire des cas ! Sans tomber dans la paranoïa, ce questionnement et l'identification d'une chaîne d'événements bien particuliers ne sont pas sans fin, si cette séquence est bien identifiée. Dès lors, il ne reste plus qu'à transposer tout cela sur le terrain. Tous les participants, si ce n'était pas le cas auparavant, doivent être informés des étapes décrites ci-dessus et des choix réalisés. En effet, leur implication dans les décisions en fonction de leurs observations et de leur ressenti n'en sera que plus pertinente. Leur capacité à accepter un renoncement ou une adaptation du choix initial sera également améliorée. C'est à l'issue de cette phase que l'on vérifiera la constitution des sacs car, outre le trio Arva-pelle-sonde, un matériel spécifique peut être nécessaire : baudrier, crampons, piolet. Cette vérification sera parfois l'occasion d'enlever des sacs des participants de faible expérience du poids inutile (trop de nourriture, vêtements de rechange...), souvent à l'origine de fatigue inutile et de pertes de temps.

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