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Intérêt et limites des tests

Claude Rey
Guide de Haute Montagne

Les différents tests ont ceci d'attractif qu'ils donnent apparemment à la question simple mais essentielle "stable ou pas stable ? " une réponse simple, " oui " ou " non ".

En réalité, un test, quel qu'il soit, peut fournir, dans certains cas, des information utiles sur le manteau neigeux, mais ne peut ni indiquer si une pente est stable, ni en corollaire, permettre à lui seul la prise de décision de s'engager dans cette pente. On peut espérer aujourd'hui que tout pratiquant d'une activité hivernale en montagne le sait. La question " stable ou pas stable" est simple, certes , mais là s'arrête la simplicité. En fait, un obstacle majeur s'oppose à ce qu'un test donne une réponse directement utilisable:

• La constitution du manteau neigeux hivernal varie de façon considérable et rapide (en quelques mètres) d'un point à un autre. Tout le monde le sait, mais l'épaisseur, notamment, varie dans des proportions que peu de personnes soupçonnent, même quand il n'y a pa de signe apparent en surface. L'importance du phénomène a bien été mise en évidence entre autres par Alain Duclos lors de trois années d'observations qu'il a effectuées à Valfréjus.

La conséquence, c'est que la stabilité varie elle aussi d'un point à un autre, et qu'il existe des zones très localisées particulièrement instables, susceptibles de propager un déclenchement dans les zones plus stables qui les entourent immédiatement. Le phénomène a été très bien observé par Werner Munter, qui peut-être pour cette raison, a cessé de préconiser le test du coin glissant, dont il était le plus chaud promoteur.

D'ailleurs , le plus souvent, alors que toutes les conditions sont réunies pour que " ça parte", et bien " ça ne part pas ", et que personne ne sait pourquoi ! Ce phénomène est évident pour tous ceux qui connaisent bien la montagne hivernale, et il est particulièrement frappant de relever le décalage entre le nombre de situations défavorables, le nombre de milliers de virages effectués dans ces circonstances, et le peu d'accidents. Ces skieurs qui ne déclenchent rien, alors qu'on pourrait s'attendre au pire, ont peut-être eu la chance de passer juste au bon endroit, le plus stable, et non cinq mètres plus loin, où le manteau neigeux n'aurait pa résisté.

De même, il semblerait qu'en situation délicate, selon l'endroit où l'on fait le test, le résultat peut être aussi bien positif que négatif. Et les tests , quels qu'ils soient, ne permettent pas la prise de décision pour la simple raison que personne ne peut dire où il convient de les pratiquer pour qu'ils soient pertinents. Par contre, et c'est là leur principal intérêt semble-t- il , certains d'entre eux peuvent constituer un exercice pédagogique intéressant, qui présente en outre l'avantage de donner des informations (ou de confirmer les informations que l'on possède déjà) sur le manteau neigeux. Le test du coin glissant, qui permet de plus d'étudier une coupe du manteau, est assurément le plus intéressant de tous.

En conclusion : les tests ne permettent pas la prise de décision face à une pente. Le test du coin glissant permet d'apprécier ou de vérifier la constitution et la stabilité du manteau neigeux en un point précis, qui n'est jamais représentatif de la totalité de la pente. Il peut être un bon outil pédagogique.

La constitution du manteau neigeux hivernal varie de façon considérable et rapide d'un point à un autre !!!

tests stabilité manteau neigeux

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