Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches

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Le Détecteur de Victime(s) d'Avalanche

Nécessité du DVA

Deux principes fondamentaux :

••>> il faut intervenir immédiatement après l’avalanche

••>> seuls des témoins ou des rescapés peuvent le faire

Comment être rapidement localisé si l’on est recouvert par l’avalanche ? Coment retrouver soi-même très vite un compagnon ?

Pour une personne évoluant en terrain enneigé à ski, snowboard, raquettes ou à pieds, en dehors des pistes de ski et même à proximité, les techniques classiques de recherche (chien, Recco ou sondage systématique) ne peuvent être mises en œuvre qu’après un certain délai. Or, les chances de survie sous une avalanche diminuent très vite avec le temps. Seule, l’utilisation d’un détecteur de victime d’avalanche (DVA) peut permettre une localisation rapide. Encore faut-il en connaître parfaitement le maniement. Un rapide aperçu des chances de survie en cas d’ensevelissement Les données suivantes résultent d'une étude réalisée en 2000 sous la direction du Dr Hermann Brugger. Cette étude a confirmé que les chances de survie dépendaient directement de la durée d'ensevelissement. Elle a mis en évidence quatre phases contrastées.

  1. Phase de survie jusqu’à 18 minutes après l’ensevelissement. Si elle n’a pas été mortellement blessée, une victime dégagée avant ce délai a pratiquement 100 % de chances de survivre, à condition qu’elle reçoive rapidement les premiers soins. 
  2. Phase d’asphyxie entre 18 et 35 minutes d’ensevelissement. Le pourcentage de chances de survie tombe de 91 % à 34 %. Les premiers décès sont liés à l’asphyxie. 
  3. Phase de latence de 35 minutes jusqu’au moment du dégagement. Il peut y avoir survie si la victime peut respirer (existence d’une poche d’air suffisante). Elle se trouve alors dans une relative sécurité. Les premiers décès par hypothermie surviennent le plus souvent après deux heures sous la neige. Les chances de survie diminuent très lentement (inférieures à 10 % au bout de deux heures) mais elles ne sont jamais nulles.
  4. Phase de secours à partir du dégagement et jusqu’à l’arrivée en milieu hospitalier. Il y a risque d’issue fatale par manque de soins adaptés. Seuls, des secours immédiatement organisés par des personnes déjà sur place, rescapés ou témoins, garantissent le maximum de succès.

Les moyens de retrouver une personne totalement ensevelie se sont longtemps limités aux chiens d’avalanche et aux sondes. Ces deux techniques présentaient (et présentent toujours) l’avantage de permettre de localiser une victime ne portant aucun dispositif particulier d’aide à sa localisation. Mais ces deux techniques ne peuvent être mises en œuvre que par des secouristes extérieurs, et ne permettent donc, le plus souvent, que de retrouver des victimes décédées, même pour des accidents ayant lieu à proximité d’une station de ski.

Les techniques basées sur l’utilisation d’appareils émetteurs-récepteurs désignés sous le terme d’ARVA (Appareil de Recherche de Victimes d’Avalanche) et maintenant DVA (le terme ARVA a été déposé) ont connu un important développement au cours des trois dernières décennies. Gros comme un baladeur et d’un poids de l’ordre de 250 g, ces appareils permettent la localisation rapide d’une personne ensevelie. L’ensemble DVA-sonde-pelle est actuellement le matériel le plus performant pour répondre aux deux exigences d’autonomie et d’intervention rapide.

Pour balayer une avalanche d’un hectare, il faut environ : une dizaine de minutes à un chercheur équipé d’un DVA ; une vingtaine de minutes à un chien ; quatre heures pour une quinzaine d’hommes pratiquant un sondage rapide (70 cm x 70 cm). Dans les deux derniers cas, il faut ajouter le délai nécessaire à l’alerte et à l’arrivée des secours.
Seule, la recherche avec DVA peut débuter immédiatement.

Qu’est-ce qu’un DVA ?

• Une fréquence normalisée

Un DVA est un émetteur-récepteur fonctionnant sur une fréquence unique qui permet à des appareils de marques et de modèles différents de se recevoir mutuellement. La fréquence utilisée par les DVA (457 kHz) est fixée par une norme européenne (EN 300718), appliquée dans le monde entier. Tous les appareils vendus depuis 1992 la respectent.

En revanche, tous les modèles fabriqués avant 1992 sont à proscrire, qu'il s'agisse d'appareils mono-fréquence basse (2,275 kHz), incompatibles avec les appareils actuels ou de modèles bi-fréquence, qui ont des performances insuffisantes.


• Analogique ou numérique ?

Jusqu'en 1998, les constructeurs ont utilisé la technologie analogique. Dans ce cas, le signal du DVA émetteur est converti par le récepteur en ondes sonores. Quand un DVA en réception capte un DVA en émission, il émet un " bip " d'autant plus fort que les deux appareils sont proches l'un de l'autre ou qu'ils sont correctement orientés l'un par rapport à l'autre. Un potentiomètre permet de faire varier l'intensité sonore du signal, en jouant sur la sensibilité du récepteur. Tous les DVA fabriqués avant 1998 sont analogiques.

En 1998, une deuxième génération d'DVA est apparue, utilisant la technologie numérique, exclusivement ou associée à la technologie analogique. On parle alors d'DVA numérique. Le signal de l'émetteur est analysé par un microprocesseur qui le convertit en indications visuelles de deux types :

- une indication de progression (valeur chiffrée apparaissant sur un écran) ;
- une indication de direction (diode ou flèche qui s'allume lorsque l'DVA en réception est correctement orienté par rapport à l'appareil en émission).

Le signal sonore qui a été conservé dans plusieurs DVA numériques n'est pas suffisant pour effectuer une recherche, contrairement aux DVA analogiques.
L'interprétation des signaux visuels est souvent plus aisée que celle d'un signal sonore. Mais d'un point de vue pratique, les deux technologies permettent de localiser précisément et rapidement (à condition de s'être entraîné) un DVA. L'utilisation de l'une ou l'autre de ces technologies n'est pas en soi un critère décisif de qualité pour un DVA.

• Caractéristiques générales

La forme, les dimensions et le poids ne sont pas des critères déterminants. De plus, leur appréciation est assez subjective. Cependant, un DVA ne doit pas gêner ni blesser. Absence d'arêtes et d'angles vifs, poids et volume réduits seront recherchés. Mais le faible encombrement d'un DVA ne doit pas nuire à des critères de fonctionnalité : maniabilité, utilisation et manipulation des commutateurs, boutons ou potentiomètre (surtout avec des gants).
Les sangles doivent permettre un ajustement au plus près du corps, mais sans gêner, ainsi qu'un enlèvement rapide et simple.

• Facilité d'utilisation

C'est un critère de choix fondamental. Elle recouvre plusieurs aspects qui ne sont pas dépourvus de subjectivité.
Le mode de fonctionnement du DVA doit être indiqué de façon claire et sans ambiguïté.
Sans notice, on doit savoir rapidement et sans erreur possible s'il est éteint ou allumé, et dans ce dernier cas, en émission ou en réception.
Un DVA doit être facilement manipulable, même avec des gants, surtout lors d'une recherche. Mise en marche et extinction de l'appareil, commutation en réception et retour en émission doivent être simples et rapides. Toutefois, pour éviter toute erreur de manipulation, elles ne doivent pas pouvoir se faire involontairement ni inconsciemment.
La recherche s'effectue en interprétant des indications sonores et/ou visuelles. Indépendamment d'autres paramètres, la recherche secondaire sera d'autant plus facile que l'interprétation des signaux reçus sera simple.

• DVA et téléphone portable, radio, GPS, etc.

Un DVA en réception émet un signal quand il reçoit une onde électromagnétique de fréquence 457 kHz.
Tous les appareils électromagnétiques (téléphone portable, radio, GPS, etc.) et même les lignes électriques de haute tension émettent des ondes électromagnétiques selon une fréquence préférentielle donnée. Il est possible qu'il y ait des interférences entre appareils électroniques et DVA en réception, susceptibles de perturber une recherche. Ainsi, un DVA placé en réception à moins de 40 à 50 cm d'un téléphone portable peut donner l'impression qu'il reçoit le signal d'un autre DVA.
Toutefois, les indications reçues ne seront généralement pas aussi régulières et cohérentes que celles données par un DVA en émission. Cela peut permettre de se rendre compte que le signal reçu n'est pas celui d'un DVA.

Chacun devra vérifier avec les appareils électromagnétiques qu'il emporte en montagne et son propre DVA, et en tirer les conséquences, en particulier sur la distance à laquelle l'appareil devra être placé pour éviter toute interférence.

Dans le doute, il sera prudent d'éteindre portable, radio, GPS lors d'une recherche. Si leur utilisation reste nécessaire, les confier à quelqu'un qui ne participe pas aux recherches.

Quelques rappels sur les portées

L'interprétation des valeurs données par les constructeurs n'est pas toujours facile. Elle est même parfois trompeuse. Rappel de quelques définitions pour s'y reconnaître...

La portée : un DVA R en réception capte le signal d'un DVA E en émission si la distance qui les sépare est inférieure à une certaine valeur. Cette valeur est appelée portée du DVA R. Elle n'est pas fixe mais dépend de la sensibilité du récepteur R et de la puissance de l'émetteur E, qui varient selon la marque, le modèle (voire l'appareil lui-même), l'état des piles et la température. La portée dépend aussi de la position respective dans l'espace des deux appareils R et E.

La portée maximale est obtenue quand l'antenne réceptrice est orientée dans l'axe de l'antenne émettrice. Elle peut atteindre 100 m pour les DVA analogiques. Cette valeur est de peu d'intérêt puisqu'elle correspond à un positionnement des deux DVA exceptionnel dans la pratique.

portée DVA anena

Antennes du DVA récepteur (R) et du DVA émetteur (E) - coaxiales : d est la portée maximale

portée dva anena

Antennes des DVA récepteur (R) et émetteur (E) ­ perpendiculaires : d’ est la portée minimale

La portée minimale est obtenue quand l'antenne réceptrice est orientée perpendiculairement à l'axe de l'antenne émettrice. En théorie, elle est nulle. En pratique, elle est très variable (la moindre variation de l'angle formé par les deux antennes entraîne une importante variation de sa valeur).

La portée utile : entre ces deux cas extrêmes se situe la portée utile. C'est la distance en dessous de laquelle un DVA en réception capte le signal de n'importe quel DVA en émission, indépendamment des autres paramètres (état des piles, température, type et marque, position respective des appareils dans l'espace).

La connaissance de ce paramètre est fondamentale. Elle permet de définir la stratégie de recherche, en fonction du nombre de sauveteurs et de la taille de l'avalanche. Dans tous les cas, l'espacement entre deux sauveteurs devra être inférieure ou, au maximum, égale au double de la portée utile.

La valeur de la portée utile peut également avoir une influence sur la durée de la recherche. La première phase (recherche primaire) a pour but l'obtention d'un signal de l'DVA émetteur : le sauveteur se déplace sur l'avalanche jusqu'à capter un signal. Si son DVA a une grande portée utile, il captera ce signal plus tôt que si elle est faible. En effet, les déplacements avant le premier signal seront réduits. Plus un DVA a une grande portée utile et plus la recherche primaire sera abrégée.
Toutefois, cette valeur ne doit pas être considérée comme un critère exclusif.
Elle devra être d'autant plus grande que :

- le nombre de sauveteurs potentiels sera faible (cas d'un petit groupe)

- la surface à prospecter sera importante ;

- la zone du dépôt de l'avalanche rendra la progression difficile (neige poudreuse, dans laquelle on s'enfonce, dépôt de gros blocs de neige dure).


Attention, les portées utiles sont donc largement inférieures aux portées annoncées par certains constructeurs (ils donnent souvent "leur" portée maximale) ou à celles que l'on peut lire dans certains magazines.

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